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Symptôme, que me racontes-tu?

 

Notre société se veut efficace: des résultats, des chiffres, des buts. Succès ou échec. En cas d’échec on continue…on lâche pas. Parfois, on continue même ce qui ne donne aucun résultat!

Vous avez mal? Voici une pilule! (corollaire: vous avez encore mal? deux pilules…ou trois…ou on coupe un truc…ou on vous abandonne…ou c’est dans votre tête…)

Vous avez une masse? C’est la guerre qui commence ! Car il faut combattre la maladie, se battre contre la dépression, marcher contre la sclérose en plaques ou le cancer du sein…surtout ne pas abandonner le combat, sinon vous êtes mort.e.

Et si on abordait la chose autrement?

Votre corps veut vivre

Peut-être même plus que vous.

Bien que nous ne comprenions pas toujours nos symptômes et qu’ils nous embêtent, nous font souffrir, nous handicapent…ils sont comme des enfants qui essayent d’attirer notre attention.

Et nous préférons les faire taire plutôt que d’écouter ce qu’ils ont a dire. Comme ces parents qui continuent de regarder leur téléphone alors que leurs enfants leurs parlent, leurs bébés leur font des sourires, leurs plus vieux racontent quelque chose. Cet air distrait, peu présent, qui , quelque part prépare une catastrophe relationnelle.

Il en va de même pour nos symptômes.

Nous ne voulons pas avoir mal; ressentir trop fortement les cris du corps. Nous tolérons mal de ne pas pouvoir faire ce que nous voulons quand nous le voulons. Comme si notre corps n’était qu’une machine qui doit se comporter comme nous le désirons.

Mais notre corps est plutôt comme notre cheval: sensible, intelligent, en lien avec son environnement. Quand nous nous comportons comme des cavalières contrôlantes qui sont convaincues que nous savons mieux que notre cheval…Quand nous serrons la bride et le mords et que nous avons des éperons au talon,  alors nous compromettons notre relation avec notre corps et risquons encore plus de difficultés, plus de blessures à venir.

Soyons comme les Indiens des plaines qui montaient sans selle et sans bride et pourtant accomplissaient des exploits avec leurs chevaux.

Écoutons notre corps et ses symptômes. Laissons-le nous apprendre comment le traiter.

Même si nous prendrons peut-être quand même la pilule ou le remède, prenons avant tout le temps de se mettre en relation avec nos symptômes. Ils sont les Messagers.

 

Trop de retenue?

Bon, un sujet important mais parfois gênant à aborder: la constipation

Comme naturopathe, je sais très bien que les deux premières choses à regarder quand je reçois quelqu’un.e c’est le sommeil et l’élimination. Je reviendrai sur le sujet du sommeil dans un autre article.

Il y a bien évidemment plusieurs causes à la constipation: déshydratation, manque de fibre ou de gras dans la nourriture, manque d’exercice, les troubles du microbiote-nos bactéries amies, la prise de certains médicaments…

Je vous suggère le livre de Giulia Enders Le Charme Discret de l’Intestin pour un regard drôle et pertinent et une foule d’information sur la physiologie de cet organe majeur.

Aujourd’hui, laissez-moi  plutôt vous parler de…retenue!

Il se trouve que nous n’avons pas beaucoup de contrôle sur la plupart de nos mécanismes physiologiques. Nous pouvons retenir notre souffle quelques minutes, notre urine pendant un certain temps mais au bout d’un moment nous n’avons d’autre choix que de reprendre notre souffle et nous risquons de nous uriner dessus si nous attendons trop longtemps.

Mais le sphincter de l’anus, le muscle donc qui retient les selles, est sous notre contrôle conscient et volontaire. À moins d’avoir une gastro ou d’avoir avalé quelque chose de toxique qui pourrait provoquer une diarrhée, il est possible de retenir ses selles de façon consciente ou inconsciente au point de se rendre très malade.

On reconnaît même l’existence de l’anisme qui est une contraction de l’anus qui se fait malgré le fait qu’une personne peut ressentir une envie de déféquer. Son système pousse les matières vers l’extérieur et en même temps l’anus se contracte et empêche l’expulsion.

Quelqu’en soit le degré, ou la cause. on peut toujours s’interroger sur la partie émotionnelle qui pourrait être liée à la constipation.

Regardons dans nos vies si nous sommes souvent en contrôle ou si nous avons peur de perdre le contrôle.

Sommes-nous capable de nous détendre, de nous laisser aller?

Qu’est-ce que nous retenons ? Qu’avons-nous peur de laisser sortir?

Est-ce que nous sommes capable de rire, vraiment rire?

Est-ce que notre famille avait un rapport particulier avec le caca?

Y-t-il des choses que nous préférons garder à l’intérieur plutôt que de les dire et qui nous empoisonnent? Avons-nous peur de révéler des choses pas trop belles que nous avons vécues pour protéger les autres?

Le Dr. Devroede, un spécialiste de l’intestin, a pu faire le lien entre les problèmes intestinaux de ses patients et des vécus d’abus sexuel…(voir son ouvrage: « Ce que les maux de ventre disent de notre passé »).

Une bonne santé passe par une bonne élimination. Tant sur le plan physique que le plan émotionnel…ne prenez pas à la légère une constipation qui dure plus que quelques jours.

Et éliminons joyeusement ce qui ne nous sers plus!

 

Poids, Préjudices et Préjugés

La vénus de Malte

« Les grosses sont paresseuses et se laissent aller » « Si on est gros, c’est qu’on le veut bien et qu’on ne veut pas faire d’effort » »Regarde-là comme elle est maigre, elle doit être anorexique! » »C’est évident, les grosses mangent trop » »Pour maigrir c’est facile, un peu de volonté, moins manger et bouger plus »

Avouons-le , notre société a un problème avec le poids. Quelques de décennies de rabâchage sur les dangers du gras et de l’obésité ( qui se révèlent soit exagérés, soit faux) , de modèles de beauté qui maigrissent sans cesse au point qu’il faille une loi en France pour interdire qu’elles soient plus maigres, une méconnaissance, même chez les médecins, des mécanismes physiologiques entourant le prise, le maintien, ou la perte de poids, et nous voilà dans de beaux draps.

Nous ne sommes pas des machines qui rentrent des calories comme une voiture de l’essence. Ce n’est donc pas en mangeant moins et en bougeant plus que vont régler les problèmes de surpoids. Si tant que cela soit un problème réel.

L’équation est d’autant plus séduisante qu’elle nous semble logique et que bien des compagnies font des milliards de dollars à entretenir le mythe du contrôle tout en glorifiant la minceur. Alors nos yeux sont conditionnés à trouver plus beau un corps filiforme chez les femmes un corps bien découpé et avec du volume chez les hommes.

À n’importe quel prix.

Alors on se restreint, on se met en état de famine et de malnutrition, on passe des heures dans un gym, on se fait agrafer l’estomac…pour se retrouver au même point et même pire.

Quelque soit la diète utilisée, dans les meilleures études, 96% des participants ont reprit leur poids au bout de deux ans, et même un peu plus. Même dans les chirurgies bariatriques…qu’on se le dise, les diètes NE FONCTIONNENT PAS!

Demandez à une maigre de grossir et vous verrez que ça n’est pas plus facile.

Regardez ce que des hommes sont prêt à prendre comme stéroïdes, un danger pour leur santé, pour prendre du volume…volume qui dégonfle de manière pas très jolie quand ils arrêtent l’entraînement et qui les mets à risque de problèmes cardiaques, entres autres.

Pouvez-vous imaginer une femme entrant dans un cabinet de médecin et se faire dire: « Madame vous devez perdre 4 centimètres, vous êtes trop grande, c’est dangereux pour votre santé » ? On va faire quoi? Lui couper les pieds ou la tête? Pourtant nombre de femmes se font dire par leur médecin que les problèmes pour lesquels elles consultent sont dus à leurs surpoids, même quand cela n’a aucun lien! Au point que des femmes en surpoids n’osent plus aller voir le médecin pour ne pas avoir à subir ce jugement. Ce qui fait qu’elles sont plus à risques de diagnostics tardifs, de complications ou de mauvais soins.

Les mécanismes qui gèrent la prise de poids sont des mécanismes aussi complexes et inconscients que ceux qui gèrent votre taille…Les hormones qui gèrent la faim et la satiété, celles qui gèrent la métabolisation du sucre et des gras, celles qui sont influencées par le stress, par les diètes précédentes, l’environnement, l’âge…l’hypothalamus, la thyroïde, les surrénales…c’est un ensemble complexe de réactions chimiques adossé à des génétiques qui favorisent la prise de poids et rendent difficile sa perte.

Cela veut aussi dire que vous n’avez pas le contrôle que vous croyez avoir sur votre poids. Demandez à ces personnes qui ont naturellement un « poids-santé » comment elles font. Elles n’en font pas plus que les autres! La seule différence c’est que si elles mangent un peu trop, elles auront tout aussi naturellement plus envie de bouger; ou elles auront plus chaud pendant quelques heures et voilà! Le surplus calorique sera parti. Car c’est leur métabolisme qui décide de ce qu’il fait avec ce qu’on lui donne.

« Notre gras est le premier trésor de l’humanité » disait le Dr Claude Sabbah. Grâce à lui nous avons survécu aux famines, aux manques, aux grossesses…

Et voilà qu’aujourd’hui on le vilipende, on le combat, on le juge inesthétique et on le considère comme le témoin de la faillite de certaines personnes qui ne veulent pas assez maigrir. On affirme qu’il est préjudiciable pour la santé alors que la science se résigne en fin à l’infirmer après de grandes études sur des milliers de personnes et sur plusieurs années. En réalité perdre et regagner du poids est plus préjudiciable pour notre santé que de simplement rester obèse. Choquant n’est-ce pas? Contraire à nos perceptions et aux affirmations clamées haut et fort un peu partout.

Les préjugés sur le gras, sur le poids,sont un mal silencieux mais envahissant. Il détruit à petit feu bien des personnes qui vivent une haine d’elles-mêmes insoupçonnée. Il participe à la discrimination en écartant les personnes en surpoids de bien des emplois, bien des promotions, bien des relations, biens des représentations positives. Il encourage le jugement par les pairs sur quelque chose qui n’est pas réellement sous le contrôle des personnes affectées. Comme quand on dit que les pauvres sont paresseux ou que les itinérants sont dans la rue par leur faute.

Cela dédouane notre société qui peux continuer à regarder ailleurs et couper dans les services. Ou faire passer pour une faille personnelle un problème bien plus grand.

C’est le même genre de discrimination que celles basées sur la couleur de la peau ou l’orientation sexuelle. Dans certains endroits du monde on vend des crèmes pour blanchir la peau; dans d’autres on affirme qu’on peut « guérir » l’homosexualité…

La vérité, c’est que cela ne fonctionne pas. Si un médicament ne fonctionnait que sur 4% des cas, on aurait tôt fait, j’espère, d’essayer autre chose.

Alors sortons de notre folie collective; éloignons-nous des dogmes concernant le poids; visons la santé plutôt que l’apparence; rééduquons nos yeux et notre bouche; lâchons nos jugements internes et externes. Dressons-nous contre les diktats maladisants d’une société basée sur la compétition et la comparaison. N’ayons plus peur de nos poignées d’amours, de nos rouleaux, de cette chair qui rebondit quand on bouge. Ne nous empêchons pas d’enfourcher une bicyclette, de mettre un maillot de bain ou d’aller à un cours de Yoga parce que nous n’avons pas le corps « comme il faut ».

Réjouissons-nous d’avoir un corps; aimons-le pour tout ce qu’il nous permet de faire. Il y a tant à célébrer!

S’aimer telle quelle devient un acte révolutionnaire.

Et non, cela n’équivaut pas à se résigner, se laisser aller et ça ne risque pas d’augmenter le problème. C’est simplement que détester sa main gauche et vouloir qu’elle disparaisse serait signe d’une maladie mentale. Pourtant on semble trouver tout à fait normal de dire et de désirer ça à propos de notre gras de ventre, de fesse, de notre petit truc mollasson sous nos bras…

Réjouissons-nous d’avoir la vie, quelle que soit la forme qu’Elle prend.

 

(SI vous voulez des références d’articles scientifiques sur le fait que les diètes ne fonctionnent pas, que le surpoids n’est pas un facteur de risque- sauf dans peut-être 2 maladies-, que le surpoids protège de bien des maladies et semblent même rallonger quelque peu l’espérance de vie…je vous suggère le livre de Linda Bacon: Health at Every Size. Une mine d’or.)

 

La phase de lâcher-prise

Voici donc notre dernière phase , celle du lâcher-prise.

Je sais c’est un gros mot. Pas facile à appliquer même si tout le monde en parle. Comme un leitmotiv constant, il FAUT lâcher-prise. La difficulté vient du fait que tant qu’on VEUT lâcher-prise, on est pas en train de le faire.

Nous lâchons prise, plus souvent qu’autrement , quand nous n’avons plus le choix. Nous avons tout essayé; nous avons cherché partout nous semble-t-il.

Et la vie nous rattrape sur le coin de la table, entre deux avions, après une journée trop longue au bureau… nous sacrifions notre bien-être à la facilité d’un resto rapide, d’un sandwich pré-emballé qui goûte le carton, nous devons adapter notre régime à des difficultés financières ou a un déménagement dans un autre pays. Nous sommes  chez de la famille, en vacances, dans un tout inclus…

Parfois, il devient nécessaire d’apprendre à suivre le courant; à voir où est-ce que notre vie alimentaire nous veut, à vivre avec ce qui se présente sur notre chemin. Un pizza avec de la bière à trois heures du matin? Une grand-mère trop insistante avec sa tarte au sucre?

Il faut savoir lâcher nos désirs et nos préférences; nous adapter à ce qui se présente; lâcher le contrôle; accepter certains sacrifice.

Nous apprenons à faire confiance à notre corps qui , de toute façon, sait faire avec la nourriture. À nous de rester détendues!

Parfois le lâcher-prise se confond avec un abandon…nous décidons de tout lâcher par manque d’amour pour nous-même, par résignation, parce que nous ne nous sentons pas prêtes à faire le grand changement que la vie met sur notre chemin…les renoncements nécessaires sont parfois effrayants.

Quand j’étais dans ma jeune vingtaine, j’avais commencé à souffrir d’une forme d’arthrite ou de rhumatisme dans les genoux,,,les changement de température me faisait souffrir et je pouvais prédire la pluie 24 heures d’avance avec mes douleurs nocturnes, qui me gardaient réveillée. Pourtant j’étais en excellente forme physique. Un matin, en interrogeant mon corps, j’ai reçu le message très clair d’arrêter la viande. J’avais reçu ce message auparavant de mon naturopathe…près de 8 ans de végétarisme plus tard, avant même de savoir que j’étais enceinte, c’est le message inverse qui est venu: je devais recommencer un peu de viande…Il y a des phases à écouter et à naviguer.

Votre corps sait. Apprenez à l’écouter.

La phase de n’importe quoi

Vous avez été bien sage, en contrôle, régulière dans votre rythme. Vous étiez peut-être en vitesse de croisière, confortable…et vlan! Sans trop savoir pourquoi vous commencez à avoir faim en plein milieu de la nuit, vous avez des envies étranges et toutes les règles sont à la poubelle. Et vous n’êtes même enceinte!

La phase de n’importe quoi

Ça fait des années que vous n’avez plus fumé et le goût vous reprend.

Vous ne buviez plus d’alcool et là vous obsédez à l’idée d’une bière bien fraîche.

Des aliments qui vous tentaient vous écoeurent, et inversement. Voilà que l’odeur de la viande vous insupporte ou vous fait saliver après des années de végétarisme…

Vous n’avez plus faim le matin, ou même de toute la journée mais votre énergie et bonne.

Votre corps parle un nouveau langage que vous ne comprenez plus.

Le Clown Sacré, le Fou dans le tarot, cet archétype de l’envers qui se manifeste, vient de rentrer dans votre vie. Il n’y a presque plus rien de prévisible; la direction n’est plus aussi claire qu’elle le semblait.

Nous sommes invitées alors à nous laisser aller au Mystère de l’Intelligence de l’Univers et à nous défaire de nos carcans habituels. Nous sommes trop serrée dans nos corsets de croyances et la vie vient nous jouer un tour et défaire nos convictions trop étroites. LA vie est plus grande, plus vaste et plus complexe que ce que nous pouvons l’imaginer. Alors parfois elle aime bien nous rappeler qu’elle est Maitresse.

Notre monde se retrouve sans-dessus-dessous. Nous sommes dans une période de grand dérangement et de réorganisation.

Le mieux et de restée détendue pendant le tourbillon; de ne pas se prendre trop au sérieux et pourquoi pas, explorer de nouvelles aventures alimentaires. Avec le sourire.

Cela nous garde jeune de coeur et adaptable!

La phase de guérison

Que ton aliment soit ton remède, disait Hipprocrate !

C’est encore vrai aujourd’hui. Une alimentation qui nous convient soutient notre corps et notre esprit et est importante pour notre santé. Même que le mot « alicament » circule: il désigne des aliments que l’on utilise délibérément comme soutien thérapeutique.

Dans la phase de guérison, nous ressentons le besoin d’ajuster notre régime habituel en fonction de nouveaux besoins: peut-être avons-nous des problèmes de fatigue, ou venons-nous d’être diagnostiquée avec une maladie digestive ou auto immune. Nous avons des symptômes désagréables depuis un moment et nous décidons d’en prendre soin et d’aller consulter des sites, des professionnels, des livres. Nous nous sommes laissées aller dans d’autres phase et là, notre corps nous envoie des signaux qu’il y a plus important que nos papilles gustatives.

C’est un moment où nous sommes invitées, par notre corps, à écouter notre système intérieur, notre laboratoire personnel, notre physiologie intime qui réclame des changements. C’est un moment différents des autres où nous sommes plus conscientes de ce que nous rentrons à ‘intérieur de nous-mêmes. Nous sommes en recherche d’un mieux-être ou d’une guérison plus spécifique.

Dans ma jeune vingtaine, j’avais été diagnostiqué avec une maladie incurable des intestins. je me souviens de m’être dit à ce moment-là qu’il n’était pas question que je me retrouve avec une maladie incurable à mon âge. La médecin n’avait pas non plus grand conseils à me donner, car les médecins sont très peu formé.en en alimentation. Alors j’ai commencé ma quête auprès d’un naturopathe. Je faisais plus d’une heure trente de route pour aller le consulter et il coûtait cher pour mes moyens d’étudiantes. Qu’à cela ne tienne, je n’avais aucune intention de me tordre de douleur pour le restant de mes jours! Moins d’un an après j’étais guérie…cela fait près de 30 ans maintenant et si, à l’occasion, les douleurs reviennent, je sais comment écouter ma sagesse interne et me soutenir.

La phase de guérison est une phase de prendre soin de soi-même. Parfois, même quand les résultats ne sont pas si spectaculaires, le simple fait d’être attentive à soi, de se faire des mélanges spéciaux, de se concocter des bonnes tisanes ou de prendre des suppléments sont autant de façon de se dire à soi-même que l’on s’aime. Pourvu que cela soit fait en état de relaxation, pas dans la peur ou le besoin de réussir à tout prix.

La guérison, sous toutes ses formes, nécessite du repos: physique, émotionnel, mental ou spirituel. Nous avons besoins de créer une oasis en nous et autour de nous afin de pouvoir nous y déposer et entendre…prendre le temps de prendre soin de soi comme on prendrait soin d’une enfant qu’on aime. Douceur et patience, calme et repos. Je dis souvent à mes clients qu’il n’y a pas de guérison sans repos et qu’il n’y a pas de repos sans guérison.

Arrêtez-vous assez longtemps, et plein de problèmes de santé diminuent ou disparaissent…par le simple fait du repos. Notre système d’auto-guérison ne fonctionne bien que quand nous ne sommes pas stressée.

Souvenez-vous qu’il fut un temps où les gens partaient en convalescence, dans des maisons de repos…dans notre société fanatiques de performance et de retour « à la normale » rapide, nous faisons abstractions de ce besoin fondamental de prendre le temps de bien guérir. Cela évite les complications et les rechutes.

Dans cette phase, nous sommes prêtes à sacrifier certains plaisirs pour procurer le meilleur à notre corps. Peut-être renoncerons-nous à l’alcool pour quelque temps, aux mets trop épicés, au excès de sucre…c’est parfois tout un défi!

Tant que nous restons en lien profond avec notre corps et ses besoins réels, ce ne sera pourtant pas si difficile. Nous aurons moins envie de certaines choses et seront plus attirée par d’autres. Notre appétit sera peut-être moins présent, signe que nous avons besoins d’un repos digestif.

N’attendons pas d’être malade; donnons-nous régulièrement des moments-oasis autant sur le plan alimentaire que mental, émotionnel ou spirituel. Cet amour-là de soi est guérissant.

Phase de mort…

Là, rien ne va plus…vos stratégie ne fonctionnent plus, vos symptômes reviennent ou s’exacerbent, vos suppléments ne donnent rien, et du point de vue alimentaire la nourriture semble plus une corvée qu’une joie.

L’ennuie s’empare de nous, nos recettes sont plates et ce qu’on cuisine ne goûte rien…ou pire encore, c’est le moment où les enfants décident qu’on ne fait rien de bon.

Même nos petits plaisirs perdent leur lustre et leur capacité de nous procurer du plaisir

Que se passe-t-il?

C’est comme le creux de l’hiver; c’est la phase de petite mort, quand on a l’impression que le printemps ne reviendra jamais.

Cela se reflète dans notre nourriture, mais c’est souvent le miroir d’un moment de nos vies où nous devons accepter que certaines choses meurent. Peut-être que nous sommes dans un cul-de -sac professionnel ou relationnel. Nous nous sentons déprimée, sans entrain, fatiguée. Nous avons l’impression que nous n’arriverons pas à traverser nos symptômes. Souvent il ne semble pas y avoir de déclencheur en particulier.

Pourtant c’est une étape nécessaire dans nos vies. Un temps qui pousse à l’arrêt, à l’introspection et qui nous invite à écouter les faims et les soifs plus profondes: celles de notre âme.

Parfois, on ne peut rien s’expliquer. Il y a une part de mystère dans la mort, dans les morts, petites ou grandes qui jalonnent notre vie. Il nous est alors demander d’être capable d’endurer, simplement continuer. Dans notre société qui refuse d’accepter que le douleur peut être bénéfique, que la souffrance contient aussi des leçons, il est particulièrement difficile de vivre cette phase.

Et parfois, nous restons coincées dans cette phase plus longtemps que nécessaire car il nous manque l’élan de nous désidentifer de cette phase pour naître à quelque chose d’autre. nous nous laissons aller dans le marais, oublions de prendre soin de nous même adéquatement, mangeons de la nourriture qui ne nous sert pas au mieux.

Nous avons besoin de courage, de résilience, de nous accrocher en nous remémorant d’autres moments de morts dans nos vies que nous avons réussis à traverser.

Alors cette étape devient l’incubateur de notre prochaine naissance. Au prix d’un effort qui nous semblera intense, nous émergerons enfin de cette matrice pour nous redécouvrir de l’autre côté: fraîche et revivifiée; débarrassée de nos scories et prête à reprendre la route.

 

La phase fanatique (extrémiste)

Ben oui…ça existe. Même si cette phase n’est pas la plus plaisante, elle est très  présente. Et pas seulement en matière de nutrition!

J’ose avancer que notre société, en matière d’environnement alimentaire, est dans cette phase en ce moment. Il y a un affrontement féroce entre diverses idées nutritionnelles, chacune basée sur des recherches scientifiques, et chacune affirmant avoir la vérité.

Comme dans une religion, il y a la bataille entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, les élu.es et les païen.nes. Il y a un enfer- celles qui ne suivent pas le diktat y sont condamnées- et un paradis: la santé éternelle , le juste poids et l’énergie sans limite!

Et pourquoi pas la jeunesse éternelle tant qu’à promettre…

Chaque côté revendique sa façon de faire comme étant LA seule, LA meilleure façon de s’alimenter tout en respectant l’environnement, le bien-être, la bonne traitance des animaux et des sols.

Les preuves présentées sont intenses et accablantes, et très émotionnelles. Comme dans tout fanatisme, on veut vous convertir à tout prix et vous encourager à convertir les autres aussi.

Soyons honnêtes avec nous-mêmes, il y a des moments où nous sommes nous aussi fanatiques, en alimentation ou ailleurs. Où nous voulons convaincre. Où nous sommes certaines d’avoir raison et nous sommes prêtes à enfoncer cette raison-là dans la gorge d’autrui…opinion politique, environnementale, croyance religieuse ou spirituelle, désir de changer le monde et la société, sentiment de consternation et d’indignation face à comment l’humain traite la planète, les animaux et ses semblables…bref, tout peut donner de l’énergie à cette phase.

Parfois, nous sommes aussi des fanatiques silencieuses: nous ne disons rien, mais nous pensons beaucoup. Et jugeons énormément. Et derrière un sourire aimable mais crispé nous refusons le morceau de pain, le café pas bio, le biscuit bourré de sucre.

Le problème est que cette phase-là nous sépare des autres. Nous fait faire des catégories; nous fait prendre des airs supérieurs. C’est souvent une recherche de pureté, de perfection ou de certitude qui alimente cette phase. Parfois les autres nous rejettent car elles trouvent difficiles notre jugement incessant, nos idées trop arrêtées ou la désapprobation qu’elles sentent quand nous sommes dans cette phase.

Comme nous voudrions que tout soit clair, limpide, aisé! Comme nous aimerions ne plus avoir à nous poser de question! Comme nous voudrions les autres pareils è nous-mêmes, de gré ou de force! Comme nous aimons nos convictions et l’énergie qui vient avec! Quel sentiment de réussite quand nous parvenons à convaincre l’autre!

Mais voilà, malgré la perfection de notre super-diète, nous n’avons pas la santé parfaite; et nous oublions que la santé est globale et ne se trouve pas que dans l’assiette, mais bien devant: dans la vie qui nous habite; dans le bonheur que nous avons à vivre-ou pas; dans le stress quotidien qui nous accable ou dans nos blessures relationnelles non guéries; dans nos joies à partager avec les autres, à offrir et à recevoir…

Il y a tant de façons de se nourrir, d’être nourrie.

N’oublions pas que tout change. Même nos opinions les plus tranchées, les plus solides, sont sujettes à être bousculées par la vie. Et quand une autre réalité nous rattrape, il n’est pas faciles d’abandonner nos convictions. Nous risquons de nous y accrocher même quand cela ne sert plus notre meilleur intérêt ou le plus grand bien.

Et ce que la science prouve aujourd’hui comme incontestable, sera contesté quand même…nous en avons la preuve tous les jours!

Sortons de la bataille. Soyons plus humble que cela. Élargissons notre définition de la vérité. Relaxons, ce n’est pas une lutte à finir. Ne soyons plus des « réfugiées » des guerres nutritionnelles qui se livrent autour de nous. Trop souvent, ces guerres-là ont les même origines que les vrais guerres: l’argent que l’on peut faire en vous convaincant d’adhérer à un camp ou un autre.

Retrouvons le sens même de l’hospitalité: la gratitude de recevoir ce qui nous est offert, de le manger en toute quiétude, même quand ça ne rentre pas dans nos « cases » du bien et du mauvais. Nous honorerons ainsi ceux qui nous ouvre leur cuisine, leur foyer , leur frigo et leur croyances.

La phase d’apprentissage

La curiosité est une des grandes qualités qui nous permet d’apprendre, d’expérimenter et de prendre des risques. Autant les bébés animaux que les bébés humains sont curieux.  Elles sont enthousiastes à l’idée d’explorer leur environnement, leur milieu, leurs congénères. Elles apprennent ainsi les stratégies essentielles à leur survie. Parfois elles se blessent aussi…

Mais la curiosité est une énergie positive qui nous pousse vers l’avant.

En matière d’alimentation, vient un moment où nous sentons le besoin d’explorer: de nouveaux aliments, de nouvelles recettes, une nouvelle façon de vivre, d’autres routines.

Nous lisons, allons sur internet, parlons è nos ami.es. Nous avons envie de nous améliorer, d’être plus efficace ou simplement de nous informer et de nous former. Notre capacité naturelle d’apprentissage s’active et faire des changements dans nos habitudes nous semble simple. Nous voulons miuex comprendre comment notre corps fonctionne; ou notre psyché.

Nous sommes plus excitées et enthousiastes dans notre vie en général. Saviez-vous que votre cerveau adore apprendre? Quand nous apprenons de nouvelles choses notre dopamine (hormone de la satisfaction) s’active et nous récompense. L’apprentissage est imprimé en nous comme une activité qui favorise la survie et l’évolution.

Cette phase nous invite à l’expansion et à l’ouverture.

Elle nous invite au renouvellement. Il est temps de revoir nos vieux programmes!

Il ne faut pas avoir peur de l’erreur.  La curiosité nous pousse à essayer de nouvelles choses et certaines de celles-là seront non concluantes; ne fonctionneront pas, peut-être même nous ferait du tort. Qu’importe, qui ne tente rien n’a rien! Prenons des risques intellectuels, émotionnels et physique dans nos vies.

Allons vers des pensées plus ouverte et qui nous décoincent de nos croyances autant que nous explorons un monde alimentaire différent.

Essayons de nouvelles stratégies, des suppléments, des tisanes, de la danse country…

Essai. Erreur. Succès.Apprentissage. Bilan.

Pas besoin d’être parfaite, juste en mouvement!

Je m’aime plus quand je mange moins

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Avez-vous déjà ressenti cela? Vous l’êtes-vous déjà dit? L’avez-vous entendu?
Ce n’est pas toujours dit dans ces mots-là.
Parfois, c’est simplement mieux enrobé, déguisé…on espère avoir perdu du poids après une gastro par exemple. Ou dire qu’elle se sent plus légère quand elle mange moins; quand elle jeûne…
Ou pire. Des femmes me confient qu’un cancer, ça fait disparaître toute la cellulite.

Cela trotte dans la tête de bien des femmes et de certains hommes.
Que l’on soit en sous-poids, surpoids ou apparemment »normal ».

Cela parle de la maladie de notre société. Notre société d’abondance qui maintenant considère comme « beau » ce qui avant , en temps où la nourriture était plus rare et les récoltes moins assurées, était considéré comme maigre, chétif, « pas fort ».
On a peur du gras, autant dans la nourriture que sur le corps; ou on trouve ça disgracieux.
Trop maigre ce n’est pas bien non plus, mais c’est plus encouragé. C’est à dire qu’on va entendre une réflexion sur cette femme qu’on va dire anorexique mais peut-être que secrètement on l’admire, la jalouse ou l’envie…
Et puis il y ces femmes qui cachent si bien leur jeu: elles ont l’air en forme, mangent bien, s’activent, s’habillent comme elles le veulent, font tourner les têtes. et parfois sous des dehors positifs et enthousiastes est caché le prix réel de cette apparente perfection.

Il nous faut sortir de cette terrible habitude de mettre notre valeur dans des chiffres, dans des mesures. Les chiffres, les mensurations, les calories, les formes ne parlent pas d’amour, de valeur morale, de bienveillance…Les chiffres ne parlent que de quantité. Ils se comparent. Mais ne nous parle jamais de qualité; de personnalité, d’histoire de vie ou de parcours.

Qui peut dire ce qui se cache sous cette apparence? Sous cet « air » bien ? Sous ce corps parfait? Sous ce surpoids?

Tous les seins finissent par tomber et se flétrir…mais ont-ils eu la chance d’allaiter un enfant?
Tous les ventres s’épaississent un peu (ou plus!) quand la ménopause arrive; mais ont-ils aimés? Été aimés?
Oui, le dessous des bras finit par s’affaisser, comme la peau du menton, ou celle du torse.
Tous les visages se rident, mais ils ont tant vu!

Tant que nous ne serons pas intéressées par l’histoire de notre corps, du corps de l’autre, nous resterons prises sous une image; un jugement rapide, une projection.
Tant que nous n’apprendrons pas à aimer ce corps, ce temple qui permet à notre âme de se manifester sur la terre, nous passerons à côté du précieux de la vie.

Aujourd’hui, faisons le choix de nous aimer telle quelle. Toute entière. Rides, rouleaux, boutons…ce sera le début d’une véritable révolution.
Car une femme qui aime son corps, qui s’aime elle-même, fera tomber toutes ces corporations qui profitent de cette haine de soi qu’elles entretiennent savamment.

Tant que nous resterons accrochées sur la forme, nous ne pourrons pas plonger dans les profondeurs de notre Être.