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Fringales, compulsions alimentaires et réconfort

Il y a une différence entre des envies saines, les compulsions alimentaires et les nourritures affectives. Il est bon de reconnaître la différence car chacune appelle une réaction différente.

Fringales de soutien

C’est un besoin physiologique, biologique par lequel votre corps essaie de compenser pour un manque, contrebalance un déséquilibre, apporter temporairement un supplément essentiel. On le voit facilement chez les enfants qui peuvent demander pendant des semaines un certains fruits pour ensuite, au bout de quelque temps, s’en désintéresser complètement au moment même où vous vous décidez d’en acheter une caisse!

Vitamines, protéines, gras, notre corps sait ce dont il a besoin et pour peu que l’on ait été exposé , dans l’enfance , à une panoplie de nourriture, il connaît la valeur alimentaire de centaines d’aliment.

Si vous mangez suffisamment, vos fringales de soutien devraient ressembler à des envies, parfois insistantes, mais non comme une compulsion. Elles concerneront certains aliments (envie soudaine de viandes, de bananes, de certains légumes ou de condiments- certaines épices contiennent des micro-nutriments importants). Elles se porteront sur des aliments plutôt sains, peu transformés. Enceinte j’ai déjà eu des fringales de…foie de morue! L’été j’ai souvent des fringales de pousses et j’aime le croquant des salades et des aliments crus.

Si elles concernent le très sucré ou très gras, si elles surviennent plus souvent le soir, si elles sont difficiles à gérer, ce sont peut-être des compulsions.

Compulsions alimentaires

Ce sont des envies irrépressibles et souffrantes. Elles arrivent plus souvent le soir, et encore plus quand vous êtes seule. Elles peuvent être spécifiques (crème glacée, chips), ou générales (« tout ce qui me tombe sous la main »).

Plus souvent qu’autrement, les compulsions alimentaires ne sont pas la cause, mais bien le symptôme d’un trop grand contrôle calorique exercé durant la journée. En supprimant notre appétit, en ne l’écoutant pas, en le trompant avec des fibres et beaucoup d’eau ou avec des pilules, on dérègle sérieusement le système. En comptant nos calories plutôt que d’écouter notre faim, en mangeant avec notre tête plutôt qu’avec notre corps, on se retrouve en déficit d’énergie…au point que l’animal en nous reprend le contrôle et nous fait manger n’importe quoi très vite, mais souvent du gras et du sucre. Du gras pour sa composant réconfortante et du sucre pour son énergie rapide, en plus de sa dimension affective. Alors on mange trop et trop vite et on se sent mal: digestion lente, ballonnement, douleur, reflux gastrique etc.

Si vous mangez bien dans vos journées, incluant des collations aux moments nécessaires (entre autre la collation substantielle que je recommande vers 15h30- heure de la baisse de cortisol dans les surrénales et du coup de fatigue de l’après-midi), et que vous avez tout de même des compulsions alimentaires, alors là, effectivement, il y a quelque chose qui appelle votre attention; là il est plus probable que l’on parle de réelle compulsion alimentaire. À ce moment-là, il vaut mieux se faire accompagner par des professionnel.es dans le domaine car on est plus dans la sphère de l’addiction, comme la drogue.

La réalité sur le terrain, par contre, c’est que la vraie addiction alimentaire est plus rare que l’on  ne pense.

Nourritures affectives

Ah…la tarte aux pommes de grand-maman, le bouilli de poulet de maman, le verre de lait et les biscuits des collations de notre enfance…le gâteau spéciale des fêtes, ou les sucreries particulières de certaines époques de l’année, les plats qui accompagnent certains rituels religieux ou spirituels, certaines nourritures saisonnières…les odeurs de la cannelle, de la confiture chaude…et tant d’autres choses encore!

Ce sont nos nourritures conforts. Elles sont reliés à des souvenirs particuliers de dîner en famille, ou de petits plats spéciaux pour quand on était malade. Ce sont les nourritures-récompenses.

On les retrouve en retournant souper chez ses parents ou grands-parents ou quand l’envie nous prend de le refaire chez-soi. Elles nous informent de nos besoins affectifs du moment: besoins de réconfort, de proximité, de lien, de partage, de simplicité.

En apprenant à faire la différence entre ces trois envies,  il est plus facile d’y répondre adéquatement et de rétablir notre lien de confiance entre notre corps et nous.

« Parfois, on dirait que nos fringales existent à l’intersection délicate et compliquée entre la biologie, le désir et l’insanité » disait Marc David en formation. Il est temps d’écouter ce que ces envies tentent de nous révéler de nous-mêmes, de nos besoins réels et de notre relation avec la nourriture.

Le V.I.C.S…en êtes-vous atteinte?

 

Un virus très présent dans notre société alimente des pensées toxiques à notre égard et à l’égard de nos proches. Ce virus change selon notre culture, mais il est présent à peu près partout. Surtout concernant le corps des femmes et des fillettes mais au final, il n’épargne personne. Curieuse?

C’est le Virus de l’Image Corporelle Standardisée!

Vous le connaissez bien. Il fait vendre des pilules pour maigrir en Amérique et en Europe et des pilules pour grossir en Afrique. Il est à l’origine d’un marché de plusieurs milliards de dollars et nous sommes toutes infectées. Il s’est propagé tranquillement, insidieusement, se modifiant avec les années…de l’embonpoint valorisé quand il y avait encore des famines aux corps faméliques des générations d’abondance, le message est le même: la beauté a une forme…et toute autre forme est défaillante et doit être corrigée.

Le regard des hommes et des femmes et même des enfants est infectés. Si votre fils vous ramène une fille grassette comme nouvelle copine, si votre fille s’enrobe un peu trop avant l’adolescence, si votre copain veut absolument travailler ses abdos et ses biceps, si votre regard évite les miroirs, que vous jugez telle ou telle personne public ou privée…cette petite voix qui susurre que vos bourrelets sont de trop, que les fesses de celle devant vous dans la file d’attente sont trop grosses, et bien plus encore.

Ce serpent qui siffle dans votre oreille, ce n’est pas vous. C’est la trace du VICS…Votre interprétation du regard de votre partenaire sur vous quand vous vous déshabillez c’est encore le VICS. Quand vous avez peur de votre assiette, de votre appétit ou du plaisir que vous auriez à manger telle ou telle chose, c’est le VICS! Quand vous avez honte de votre corps qui n’arrive pas, malgré vos efforts, à ressembler à autre chose que lui-même, encore le VICS. Quand vous détestez le fait de vieillir au lieur de vous réjouir de vivre encore aujourd’hui, ah, maudit VICS! Il s’est insinué presque partout. Il vous détourne des vrais enjeux de votre vie: votre raison d’Être, le développement de vos qualités, la richesse de nouveaux apprentissage, la sérénité de s’accepter soi-même et les autres et j’en passe.

Ce n’est pas votre faute, mais il est temps d’agir.

Ce virus est difficile à éradiquer, certes. Il se cache et se transforme dans des pensées en apparences anodines. Il vous faudra retrouver la chasseresse en vous. Commencez par être à l’affût des opinions que vous avez sur le corps des autres et sur le vôtre. Souvenez-vous que la vie elle–même est diversité et que la baleine n’est pas moins belle que la gazelle; que la pivoine n’a rien à envier au lilas…Retenez vos commentaires à voix haute sur le corps des autres car vous vous parlez ainsi à vous-même. Faites particulièrement attention aux enfants qui vous écoutent: ils attrapent le VICS comme ça aussi. Soyez re-belles!

Laissez tomber les crèmes-machins, les pilules-trucs, les chirurgies-choses. Arrêtez de nourrir le monstre. Foutez-vous la paix avec votre corps; aimez-le pour sa santé, sa sensualité, sa douceur, sa tolérance de vos excès sur lui…immunisez-vous  contre le regard des autres. Ce n’est qu’un virus qui les infecte.

Avec de la patience et de la persévérance, vous vous libérerez du VICS assez pour retrouver plus de liberté et de joie dans votre vie , sur cette terre, dans ce corps merveilleux qui vous permet, aujourd’hui encore, d’exprimer votre présence en ce monde et d’aimer et être aimée telle quelle.

 

Dis-moi ce que tu aimes…

Nos envies sont parlantes. Nos aversions aussi!

Avez-vous déjà remarqué que certains aliments vous attirent plus que d’autres? Que vous avez des envies subites et soudaines de certains mets ou de certains aliments? Que vous êtes attirée par le sucre, ou par le sel, ou par les aliments gras?  Que parfois des aliments que vous n’aimiez pas entre bien maintenant, ou l’inverse?

Notre corps est en constante relation avec la vie. Il est changeant comme la température. Il s’ajuste au quart de tour. Il sait toujours ce dont vous avez besoin. Il sait analyser toute la nourriture qui rentre qu’elle soit physique. mentale, émotionnelle ou spirituelle. Il sait ce qui vous manque et en quelle quantité. Il sait ce qui est en excès.

C’est pourquoi il est si difficile de trouver un régime qui fonctionne tout le temps, pour toutes les étapes de notre vie, pour toutes les saisons.

Manger c’est comme respirer: ça change, ça bouge,ça s’adapte au mouvement de notre vie, au mouvement de la Vie.

Quand nous apprenons à nous détendre et à suivre le rythme de notre corps, nous pouvons observer ce qui nous attire et nous répugne. Ce qui nous comble et nous procure du plaisir et qui fait du bien. Ou bien ce qui nous procure juste un plaisir de papille mais qui ne nous fait pas tant de bien au final. L’inverse étant aussi vrai!

je me souviens d’une concoction assez amère recommandée pour moi. Ouf que c’était difficile de m’y mettre…et pourtant j’ai pu sentir mon corps l’apprécier au plus haut point! Il y a une telle intelligence en nous…Une envie d’un certain fruit ou légume, de nourriture plus chaude que crue, de plus ou moins de protéine, tout cela est langage du corps.

Quand le sucre m’attire, est-ce que je manque de douceur dans ma vie? Est-ce que j’ai besoin d’une énergie rapide parce que j’ai passé trop de temps sans manger? Est-ce que je me sens en fait fatiguée et j’aimerai me donner un coup de fouet? (pas toujours une bonne idée, en passant). Est-ce que ma mère me manque? Ai-je besoin d’affection? De Consolation? Est-ce que j’ai simplement soif?

Quand c’est le sel qui m’appelle, est-ce que je manque de soutien? Est-ce que la communication est difficile? (le sel est très important dans l’équilibre cellulaire). Est-ce que mes surrénales sont fatiguées? Est-ce que mon père, ou l’aspect du masculin me manque? Est-ce que je suis déshydratée? Est-ce que je me sens seule?

Les protéines parlent de l’enracinement, de l’affirmation,de la puissance  comme le chasseur ancestral…

Le gras de tenir dans le temps, des réserves et de la protection;

Le pain du désir de partage et de convivialité;

Le lait de sécurité affective;

Les épices du « piment » de la vie (et souvenez-vous que trop de piment fini par tuer le goût!)…et le chocolat est une épice.

Prenez le temps de regarder vos goûts…et vos dégoûts.  Ce qui vous fait saliver et ce qui vous laisse indifférente.

Dites-moi ce que vous aimez et je vous dirais qui vous êtes…en ce moment!

Fatigue, mon amie…

Chère Toi,

J’accompagne la Vie depuis la première amibe…oui, Elle à toujours eu besoin de moi pour respecter les rythmes et se recharger.

Je te faisais déjà dormir dans le ventre de ta mère, et plut tard je t’endormais au-dessus de ton assiette, en plein milieu d’un jeu, sur les marches d’escalier et surtout en voiture. Tu n’avais pas encore appris à me combattre. Parfois, le passage de l’éveil au sommeil n’était pas facile car tes deux systèmes nerveux n’étaient pas encore bien accordés. Alors je te faisais chigner, pleurer et même crier jusqu’à ce que tu sois capable de lâcher-prise et de t’abandonner à moi.

Je t’ai permis de grandir, d’assimiler ta nourriture, de donner un moment d’oubli loin de tes peines.

Tu m’as chercher bien des nuits quand ton hamster dans ta tête n’arrivait plus à arrêter de tourner.

Je t’ai prévenu des tes excès, j’ai annoncé tes règles, j’ai permis à tes muscles de se réparer et à ton corps de se reconstruire.

Depuis des années je t’envoie mes signaux. Mais tu ne m’écoutes guère. Tu prends un café à la place…ou pire, une boisson énergisante. Tu te forces au gym espérant que je disparaisse sur le tapis roulant. Tu prends religieusement tes suppléments, tu surveilles ton alimentation (est-ce que manger est devenu une prison au point tel qu’il faille la surveiller?) et pourtant je suis encore là.

Tu as oubliée que je suis ton amie. Que j’ai à coeur que tu vives le plus longtemps possible sans maladie. QUe je suis un message de ton corps qui, par moi, essaye de te dire que tu as besoin d’arrêter ta course folle; que tu as besoin de respirer; te foutre la paix mentalement; que ton corps est en train de aire quelque chose (comme te réparer) qui lui demande de la tranquillité.

Mais tu ne me fais plus confiance; tu m’écoutes de moins en moins; tu me repousses.

Mais je suis tellement vitale à la vie, que je ne peux que t’attendre au détour, avec , peut-être une manifestation plus incontournable encore: une maladie, un accident, une dépression qui t’empêchera de sortir du lit aussi longtemps que je n’aurai pas fini mon oeuvre.

Épargnes-toi cela. Fermes tes yeux quelques minutes les après-midi, même simplement sur ton bureau. Couches-toi quand tu me sens là, le soir. Apprends à ne « rien » faire afin que je puisse faire tout ce que j’ai à faire pour entretenir ta santé. Apprécies ma présence comme on retrouve un bon vieux chandail confortable. Reconnais-moi comme la preuve que tu as suffisamment accompli aujourd’hui et je serai alors satisfaction, engourdissement délicieux, paresse délectable. Fais la grasse matinée; contemple le vent dans les feuilles, la pluie sur le balcon. Si tu as l’impression que je te suis comme une ombre, tu n’as pas tort.Car je suis la nuit qui habite tous les rythmes de la vie. Si tu me trouves « trop » c’est que tu ne me donnes pas la place dont j’ai besoin. Respectes ma présence et tu verras que je n’occuperai que la place nécessaire car je ne connais pas l’excès.

Car je suis Fatigue, ton amie.

(Crédit photo: pinterest.fr)

Fatiguée, mon amie?

Quand on sonde les gens, leur plainte numéro 1 est la fatigue, le manque d’énergie ou d’entrain, les humeurs fluctuantes ou maussades. Même les enfants sont fatigués, et je ne vous parle pas de bien des personnes âgées, parfois pas si âgées que ça!

Qu’est-ce que cela dit de notre société? De notre façon de gérer le stress? Le travail? L’école? De la qualité de notre alimentation? De nos relations?

Marc David disait souvent que nos symptômes sont des messages divins…oh fatigue divine, qu’as-tu à me dire?

Chère Fatigue,

Je me lève le matin avec l’impression que la nuit est passée trop vite et j’ai même parfois la sensation que le sommeil profond m’ a oublié. J’imagine que le marchand de sable est, lui aussi, fatigué.

Je me traîne jusqu’à ma douche, mon café, mon smoothie, mais tu m’accompagnes encore.

Je te retrouve dans l’auto, alors que mes ados dorment  quelques minutes avant d’arriver à l’école…et ils feront pareils au retour, me faisant rêver d’avoir, moi aussi, une chauffeuse de « taxi » pour voler quelques instants au quotidien en fermant le yeux.

Je ne te parle pas de mon sentiment de lourdeur après le repas du midi, ni celui qui m’envahit vers 15h30.

Tu sais très bien trouver ton chemin dans mes multiples engagements hors-travail, extra-scolaire et mes non-soirées amoureuses où mes yeux cherchent bien plus mon lit que mon partenaire.

Et pourtant, voilà que l’endormissement m’échappe au creux de mon oreiller alors que mon hamster tourne furieusement dans sa roue en m’invectivant de tous les « il faut que, il faut pas oublier de, tu aurais dû, tu n’aurais pas dû  » qu’il peut trouver, et même inventer parfois.

Tu me tiens la main à l’aube quand pourtant j’aurai pu dormir un peu plus longtemps, mais que je n’y suis pas parvenue.

Je hais ta compagnie quand j’essaie de bouger un peu, quand j’imagine faire un bon repas mais que les courses ne sont pas faites…

Quand ma séance de méditation se transforme en ronflement.

Quand je fantasme de devenir cocaïnomane juste pour ne plus te sentir.

Quand je n’ai plus aucun souvenir du dernier moment ou mes pas légers sautillaient de légèreté face à une nouvelle journée remplie de promesse.

J’aimerais bien  me débarrasser de toi au lieu de faire semblant que tu n’es pas là.

Je n’arrive pas à te trouver douce, opportune ou sensée…mais bon.

Aujourd’hui, je prête l’oreille, à défaut d’oreiller, à tes revendications.

Fatigue, qu-as-tu à me dire?

(vous pourrez lire la réponse de Fatigue, dans mon prochain article)

Perdues dans les petits objectifs

Perdre 10, 20 ou 30 livres. Les prendre. Arriver à courir 20 km, à soulever 200 livres. Rentrer dans mon maillot de bain  l’été prochain. Arrêter le sucre (ou autre chose). Devenir végane (ou autre chose)…nos objectifs sont-ils trop petits?

Il est si facile de se laisser tenter et entraîner par de petits buts, des petits pas, qui, au final, ne parle pas de nos faims les plus profondes, de nos soifs les plus importantes: être nous-mêmes, aimer, être capable d’avoir des relations nourrissantes, de vivre une intimité sexuelle satisfaisante, sentir qu’il y a un sens à notre existence.

En réduisant la valeur de notre vies à des chiffres sur une balance, à une forme sous des vêtements, à un nombre de calories ingérées par jour, à notre capacité à nous priver, ce n’est pas la vie que nous nourrissons en nous.

En nous laissant définir par des annonces publicitaires montrant ce corps que nous n’aurons jamais, que nous avons peut-être eu à 15 ans, qui ne peut être attirant que selon un seul modèle, nous entrons dans une spirale sans fin d’insatisfaction permanente et de jugement délétère.

Bien malgré nous, parce que conditionnées et infectées par le virus ambiant, nous critiquons intérieurement ou ouvertement notre corps et celui des autres. Nous avons peut-être secrètement honte que notre fils nous présente sa nouvelle flamme bien en chair, que notre fille développe trop de courbes , de hanches ou de double menton…ou qu’elle tombe amoureuse de quelqu’un.e avec un trop gros tour de taille.

Même en faisant attention, nous nous rendons compte que nous jugeons négativement tout écart au standard…qu’une petite voix fatigante nous susurre que quand même « elle » (ou nous), pourrait se prendre un peu plus en main, avoir plus de respect d’elle-même, devrait arrêter de se « laisser aller ».

Il n’est pas juste que notre poids soit mis sur la même balance que notre coeur.

Il est temps pour nous de nous guérir et de nous immuniser contre ce virus qui fait de l’image corporelle le garant de la santé, de la moralité, de la valeur, de l’intelligence, des capacités d’une personne.

Il est temps de nous redonner la permission de bouger pour le plaisir, pas pour atteindre le corps de notre prof de Yoga, ou de notre entraîneur sportif…

De sortir de la honte que nous ressentons trop souvent de ne pas paraître comme il faut.

D’arrêter d’avoir peur de l’image que nous renvoie le miroir de la salle d’essayage.

De retrouver, en nous, cette sensation de révérence pour la vie, pour notre vie et donc pour ce corps qui est notre vaisseau spatiale, unique et spécial, pour manifester cette vie, sur cette terre.

Merci, mon corps, quelque soit ta forme, ta santé , ta force, ton âge…sans toi, il n’y a pas de moi possible.

Quand la nourriture fait honte…

Nous avons vu précédemment comment la nourriture est associée à bien des émotions qui ne sont pas si nutritives. (voir l’article: nourriture-récompense…). Dans la même veine nous explorons aujourd’hui la honte et l’humiliation associées à notre assiette.

Quand nous écrivons notre biographie alimentaire, c’est-à-dire notre histoire de vie autour de la table, nous trouvons des éléments qui peuvent parfois démontrer l’origine de certains de nos désordres alimentaires.

Comme cette enfant qui devait manger dans le couloir pour finir son assiette afin que les voisins qui passent voient bien à quel point elle était difficile.

Comme ce garçon qui mangeait toujours au comptoir alors que la famille mangeait à la table.

Ces enfants que l’on laisse des heures devant une assiette froide jusqu’à ce qu’elles aient tout terminé.

Ces multiples regards et soupirs qui regardent le dessert de l’enfant qu’on dit « boulotte ».

Cet enfant qui recevait sur la tête le reste de l’assiette qu’il ne voulait plus manger.

Les rires et les moqueries à propos de l’assiette de celle-ci qui aime trier sa nourriture dans l’assiette et faire des petits tas…de celui qui se lève en cours de repas pour aller laver ses mains une deuxième ou troisième fois car il n’aime pas quand ses mains sont collantes ou salies…de celle qui mage lentement, ou trop vite…de celui qui a peur d’essayer de nouveaux plats…

Ces silences terribles où les enfants n’ont pas le droit de parole…ou bien ces tables où l’on « règle les comptes » en famille.

Nous pouvons vivre tant d’humiliations « ordinaires’ autour d’une table…dans un contexte dit ‘normal’ où l’on croit faire une éducation mais où, en réalité, le message qui passe est que l’enfant n’est pas correcte et elle ne comprend pas pourquoi. Elle sait juste qu’elle devrait avoir honte et cette honte devient associée au repas, à la table, à l’assiette, à l’idée de la convivialité, de la famille.

Alors certaines personnes ne veulent plus manger avec d’autres ou bien ont une double vie alimentaire: ce qu’elles mangent en public et ce qu’elles n’osent manger qu’en privé.

D’autres ne s’assoient plus jamais à table, préférant manger debout , en voiture, au comptoir devant leur ordi…tout ça pour ne pas revivre intérieurement le stress dont leur corps se souvient et qui est lié aux repas.

En tant qu’adultes, nous avons une histoire alimentaire à mettre en conscience, à guérir et à ne pas reproduire.  Car nous ne mangeons pas que la nourriture sur la table, nous mangeons aussi tout ce qui s’y passe autour.

Que le repas redevienne le lieu du partage, de la joie, des rires et de la détente, de l’accueil et du respect de cette table qui nourrit la vie en nous avec bien plus que des nutriments et des calories.

Nourriture-récompense, Nourriture-punition

La nourriture possède bien d’autres attributs que celui de nutrition. Une des plus courantes est la nourriture-récompense.

Celle avec laquelle on manipule les enfants pour qu’ils finissent leurs assiettes, par exemple. Sans se rendre compte que, ce faisant, on fait comprendre à l’enfant que la nourriture principale (légumes, grains, viandes) n’est pas si « bonne » que ça puisqu’on doit se force pour en manger pour finalement avoir le « droit » au dessert. Cela met aussi l’emphase sur le sucre comme étant désirable, spécial et et attrayant.

Oui, il fût un temps où le sucre était réservé aux classes sociales riches et où la chanson disait « Donnez bons parents, du sucre aux enfants » (Dame Tartine). En élevant le sucre au rang du privilège  , nous mettons en place un cercle vicieux qui accorde au sucre des supers-pouvoirs: récompense, plaisir, rituel mais aussi interdits et culpabilités. En mettant les sucreries à part, en les associant à spéciales et rares, nous en faisons un icône qui semblent combler nos insatisfactions, nos manques relationnelles (une sortie à la crèmerie pour remplacer une présence parentale déficiente, par exemple), nos besoins de reconnaissance et d’appartenance.

Mais comme ce même sucre est aussi diabolisé, reconnu comme mauvais pour la santé, faisant grossir, déréglant l’insuline et nourrissant les cancers, nous voilà maintenant prises dans un engrenage terrible: la même nourriture qui nous fait plaisir nous fait du mal.

Nous sommes attirées par ce qui est « mal », « mauvais » et par extension, quand nous en mangeons nous faisons quelque chose de mal. Alors la nourriture devient punition et source de stress. Nous nous punissons avec des légumes au lieu de les apprécier. Nous punissions notre corps avec de l’exercice forcé et sans plaisir quand nous avons « fauté » avec un aliment défendu. Nous nous détestons après avoir « succombé » à la tentation d’un gâteau ou d’une pâtisserie.

La culpabilité entre en scène, la peur aussi. Et le fruit défendu précipitera notre chute… et la nourriture se change en religion.

Il est temps de sortir de notre folie individuelle et collective. La nourriture, intrinsèquement, n’est ni bien ni mal. Elle n’est pas « morale ». Elle n’indique pas notre valeur personnelle, notre capacité à nous contrôler, notre intelligence, notre supériorité faces aux autres, ou notre volonté.

Chaque mode alimentaire attaque l’un ou l’autre de nos macronutriments essentiels: sucres, gras ou protéines…leur attribuant à tour de rôle la responsabilité de tous les maux, méfaits et désordres alimentaires.

Soyons saines d’esprit et de corps.

Mangeons de tout avec modération et avec plaisir. Que le dessert ne soit plus l’apothéose d’un repas, ni son apocalypse. Que l’on retrouve le plaisir de toute la nourriture: des légumes aux protéines, de la salades aux grains, des fruits au féculents, de l’entrée au dessert.

Quand la nourriture cessera d’être un enjeu trop émotionnel, nous serons en mesure d’entendre ce que notre corps nous dit, ce qu’il nous réclame, ce dont il se passerait bien.

Que nos changements alimentaires soient faits dans la tranquillité, dans le plaisir, dans la bienveillance envers nous-mêmes et non dans la peur, le stress, la privation et l’obligation.

Oui, je vous le dis, c’est tout à fait possible!

Une relation intime

De nos jours il est une relation qui est encore plus intime et tabou que le sexe, l’argent ou la politique. Plus sensible, plus intérieure et plus cachée que bien des fantasmes qu’on étale au grand jour, j’ai nommé:  la relation à la nourriture

Oui, on parle de nos diètes et du dernier régime à la mode (en ce moment le cétogène côtoie le véganisme)…mais parle-t-on du sentiment de privation que beaucoup d’entre-nous vivons chaque jour? De notre insatisfaction par rapport à notre image corporelle? De notre peur de n’être pas à la hauteur par ce que notre corps est non-conforme? De la peur que notre partenaire se détourne de notre corps imparfait ou vieillissant? De notre manque d’amour, de contact et de sensualité que l’on remplace par de la nourriture? De la perte de jouissance de la vie à manger des aliments diététiques? De notre envie d’être enfin libérée des contraintes de la nourriture? De nos fantasmes de pouvoir manger sans restriction? De toute la plac eque prend la nourriture dans nos pensées?

Cette femme qui salive intérieurement en regardant son compagnon manger des frites alors qu’elle-même mange sagement sa salade ou son poisson vapeur?

Celle qui se cache pour prendre quelques biscuits dans la boîte le soir, quand personne ne regarde; celle qui se cache une deuxième boîte de biscuits juste pour elle, afin que personne ne remarque qu’elle en mange…comme une alcoolique cache ses bouteilles.

Celle qui n’arrive pas à manger quand elle est seule…et cet autre-là pour qui c’est l’inverse.

Celle qui fait deux épiceries, une pour sa famille et une pour elle-même. La seconde étant moins appétissante que la première.

Celle qui refuse les invitations au restaurant parce qu’elle a peur de la nourriture alors qu’elle dit qu’elle préfère ce qu’elle cuisine elle-même.

Celle qui sourit, pleine d’enthousiasme et de bonne humeur, qui mange à peine parce qu’elle n’ a pas faim et qui, le soir, ne se retient plus devant le gros sac de chip et le pot de crème glacée.

Celle qui mange debout, dans sa voiture, dans la salle de bain, en faisant le repas pour les autres.

Celle qui se punit et se récompense avec la nourriture, comme elle l’a vécu enfant.

Même sans parler de maladie alimentaire comme l’anorexie, la boulimie ou l’orthorexie, chacune d’entre nous porte une relation intime avec la nourriture qui parle de cette relation intime qu’elle a avec elle-même.

Et comme toute relation très intime, il est difficile d’en parler, de partager sur ces sujets alors même que nous sommes bombardées et submergées par des infos nutritionnelles tout le temps, partout.

Comment en sommes-nous venues là? Parce qu’un virus se promène depuis des décennies et reste bien ancré dans nos croyances. Un virus pernicieux et pervers qui nous fait croire que nous sommes responsables, par la nourriture, de la forme de notre corps; qu’il faut rester en contrôle face à cet ennemi sournois qu’on appelle l’appétit et qui pourrait nous faire perdre l’amour et la considération d’autrui et de nous-mêmes; qu’il n’y a rien de mieux qu’une volonté de fer pour mater ce corps et ses envies…bref, un virus qui nous rend très malade et fait faire beaucoup d’argent à des gens qui ont tout intérêt à briser cette relation  la nourriture qui pourrait être saine, naturelle et sans histoire. En brisant notre relation sacrée avec la nourriture, cette nourriture qui est, chaque fois, l’affirmation de notre relation à la Vie, notre relation au Féminin Sacré Nourricier est si malmenée que peu de femmes et d’hommes en réchappent.

Sauver la planète, la nature, l’environnement, la vie en nous et autour de nous, doit premièrement passer par renouer profondément, viscéralement, avec bonheur et gratitude, à notre corps et à ce qui lui permet de continuer d’exprimer la vie sur cette terre.

Guérissons notre relation à la nourriture et nous serons en voie de guérir notre relation à la Terre-Maman.

L’exercice ou le mouvement?

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On le sait et on se le fait répéter ad nauseam: il faut faire de l’exercice régulièrement. Pour être en bonne santé, pour perdre du poids, pour être moins dépressive, pour bien vieillir, pour être moins sédentaire, pour nos articulations, notre coeur et tout le reste.

Mais voilà, nombre d’entre nous faisons de l’exercice par obligation, par devoir, pour nous donner la permission de manger, pour nous punir d’avoir trop mangé, parce qu’on nous a dit que c’était bon pour nous, par peur de mal vieillir, parce que nous avons mal quelque part, parce que nous nous trouvons trop grosses pour nous mettre en maillot cet été…

Et comme pour les régimes, l’exercice est vidé de son sens et surtout du plaisir que le mouvement apporte réellement au corps. Il devient une tâche supplémentaire parmi d’autres et qui devient lourd au bout d’un moment. Alors on flanche, on réduit nos visites au gym et on se sent coupable…

Il se trouve que notre corps est fait pour le mouvement, par forcément pour l’exercice. L’exercice est une forme codée, parfois très rigide, de mouvement. Il suit des règles très précises et un temps donné. En ce sens, c’est une approche plus masculine du mouvement, qui cherche à remplir une fonction précise pour atteindre un but particulier.

Le mouvement est plus naturel. Regardez faire les bébés qui donnent des coups de pieds frénétiques; les petits qui se traînent sur leurs fesses; les enfants qui essayent toutes sortes de culbutes…le mouvement n’obéit à aucune règle préétablit. Sa limite est celle de la capacité du corps et de l’envie du moment.

Le mouvement procure du plaisir bien avant l’arrivée de l’endorphine des coureuses. Il est joie, car il est la vie qui circule en nous, sans cesse en action. La vie, même au repos, est mouvement.

Le mouvement procure de l’énergie car il nous permet de sortir de nos raideurs en laissant libre cours à notre corps trop souvent contraint. Bouger est alors bien plus efficace que faire de l’exercice, car il recours à la sagesse de notre corps. Notre corps sait bouger quand on lui laisse l’occasion d’être le maître à bord; quand nous écoutons où et comment il a envie d’aller.

Laissez-vous aller. Sautillez, étirez-vous pleinement dans votre lit, sautez une marche de temps en temps en sortant de chez vous, montez les marches du bureau en faisant des petits pas de côté, dansez en faisant la cuisine, trémoussez-vous en remplissant le lave vaisselle, allez dans l’eau pour sentir à quel point vous pouvez bouger différemment quand votre corps est soutenu…amusez-vous à piquer une petite course sans stress, pour le plaisir de vous essouffler un peu (oui, oui, ça peut être très plaisant de s’essouffler!). Retrouvez la joie de votre en corps en mouvement. quelque soit votre forme physique, vos handicaps, votre poids, votre image corporelle.

Laissez l’exercice de côté si vous le faite dans la contrainte, l’obligation ou la punition.

Bougez votre corps d’une façon qui vous fait plaisir et respecte vos limites. Soyez comme l’eau qui se meut simplement, dans toutes les directions possibles et contourne toute résistance.

Vous verrez, vous y prendrez goût et vous vous surprendrez à vouloir en faire plus, juste parce que le mouvement, c’est bon!