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Le régime de la peur

« le sucre c’est du poison » « Il y a des pesticides partout » « La malbouffe c’est dangereux » « Es-tu sûre que c’est bien du Bio? » « hein, tu manges ça? » « Ça va te rendre malade » « C’était prévisible qu’il-elle allait avoir telle maladie, avec son régime alimentaire… »

Il y les bons et les méchants voir… Bon ou Mauvais?

Mais surtout, il y a la peur. La peur qui est une arme de conditionnement massif et qui sert à toutes les sauces: peur d’être malade, blessé.e, de vieillir, d’être pauvre, handicapé.e, grosse, trop maigre, laide, envahit par des « étrangers », de ne pas avoir assez d’argent de côté pour sa retraite, d’attraper la grippe (il faut bien vendre un vaccin annuel)…et bien d’autres encore, tout y passe.

Notre cerveau animal est assez basique: il recherche ce qui lui procure du plaisir et s’éloigne de ce qui lui procure de la douleur. La peur, qui désigne ce qui pourrait porter atteinte à notre survie, est un puissant moteur instinctif.

Les bébés naissent naturellement avec la peur du vide, de la chute et la peur des bruits intenses. Il semblerait aussi que la peur des serpents et des araignées soient inscrites dans l’ADN. La peur d’être laissée seule, même si elle est moins étudiée, est aussi présente dès le début de la vie: un bébé qui n’est pas en contact peau à peau avec sa mère ou un autre être humain va se mettre à pleurer et se calmer quand on la prend.

Comme la peur est  programmée profondément en nous, nous sommes hautement manipulables par ce biais.

En alimentation, cela se traduit par la peur de certains aliments, la peur d’être malade si nous mangeons « mal », la peur de s’empoisonner et de mourir à petit feu (en fumant par exemple, ou en mangeant du sucre), la peur de mourir dans de grandes souffrances (on vous dira que le cancer du côlon entraîne une mort plus souffrante que d’autres sortes de cancer, etc…).

Je connais bien des personnes qui ont un régime « impeccable » non pas pare que cela leur fait du bien, leur procure de l’énergie, leur fait plaisir mais parce qu’elles ont peur d’être malades. Leur tête est pleine de « il faut que » et « il ne faut pas que » en terme de nourriture ou… d’exercice physique. J’en connais qui font du sport absolument sans plaisir pour se punir d’avoir mangé telle ou telle chose ou par peur d’être malade plus tard…

Où est le plaisir du chemin? Il n’y a pas que la destination qui compte…voici une petite blague que j’aime bien:

Un femme a harcelé son mari durant toute leur vie commune pour qu’il mange bien, ne boive pas trop, fasse de l’exercice. Elle veut qu’il vive jusqu’à 100 ans. Effectivement, au prix de grands efforts de sa part, ils meurent tous les deux à 100 ans. Ils se retrouvent au paradis. La femme lui dit « Ah mon chéri, n’est-ce pas merveilleux ici? » et il répond : « oui, et si tu m’avais laissé faire, ça ferait déjà 30 ans que j’y serai et au moins j’aurais eu du plaisir sur la terre aussi! »…

Comprenez moi où je vous parle: bien manger et bien bouger sont les composantes d’une belle santé.

Mais manger dans la peur tous les jours; bouger par la peur ou la punition tous les jours; regarder son assiette avec stress ou faire ses courses angoissées; s’approcher du gym les mâchoires tendues; rien de tout cela ne contribue à votre santé.

Vous n’êtes pas un véhicule qu’il suffit de remplir de bonne essence  pour qu’il fonctionne bien…vous êtes un personne humaine et complexe pour qui le plaisir est inscrit dans la matrice et crée du bon; et pour qui la douleur, la peur, le stress négatif entrave le bon.

Même s’il y du vrai dans beaucoup d’affirmations concernant la nourriture, il y a aussi beaucoup de confusion, d’informations contradictoires et d’amalgames. Nous vivons aussi de l’impuissance face à ce que nous mangeons car la bonne provenance, la qualité, le soin n’existe plus dans la nourriture industrialisée.Et oui, cette même industrialisation de la nourriture a entraîné des conséquences néfastes sur les sols, les animaux , et les gens. Mais si nous rajoutons de la peur au menu, cela ne fait qu’augmenter notre souffrance et nous n’y gagnons rien.
Mieux vaut manger en paix et bouger avec plaisir.

Au lieu de mettre la peur au régime, faites donc une diète de la peur et éliminez-la de votre vie, partout où vous le pouvez.

Besoin de gras?

Parmi nos croyances toxiques en terme d’alimentation, la peur du gras vient sûrement au premier rang; tant et si bien que, souvent, nous ne mangeons plus assez gras.

« Le gras est le premier trésor de l’humanité » se plaisait à dire le Dr. Sabbah.  Sans la possibilité de faire des réserves sur nous-même pour faire face aux pénuries, l’humanité n’aurait pas survécu. Nous sommes faites pour prendre du poids l’automne pour nous préparer à l’hiver.

On sait que le fructose encourage plus la prise de poids que les autres sucres. Ce sucre présent dans les fruits abondants en automne envoyait le signal à notre cerveau de commencer les réserves.

La baisse de vitamine D, alors que le soleil est moins haut et moins puissant, est aussi un signal qu’il faut prendre du poids. On trouve ainsi un taux plus bas de cette vitamine chez les personnes ayant un surpoids.

Alors comme maintenant nous avons bien peur du gras, nous avons remplacé le beurre par de la margarine; nous mangeons des yogourts sans gras donc plein de sucre et d’agent de remplissage et de texture; nous sommes encouragées à cuire sans gras avec des aérosols de gras de mauvaise qualité,  et bien plus encore!

En fait nous avons besoin de gras de bonne qualité en quantité suffisante. Sinon, notre corps entre en déficit de gras et se met en posture de famine…Voici quelques symptômes surprenants qui peuvent indiquer un manque de gras dans votre alimentation:

Peau et cheveux secs, ou gras

Ongles qui se dédoublent

manque de concentration

perte de mémoire

difficulté à perdre du poids (eh oui!)

Prise de poids (encore eh oui!)

rougeur autour des yeux

difficulté à absorber certains minéraux et certaines vitamines, dont la A, la E et la D et les conséquences qui viennent avec…

constipation

difficulté de sommeil

Problèmes d’humeur: irritabilité et ou sensation d’être déprimée.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs symptômes, augmentez donc votre apport de bon gras pendant quelques semaines et voyez si cela fait une différence.

 

 

Les croyances alimentaires toxiques=stress

Quand il s’agit de bien manger, de santé, d’énergie, et d’image de soi les croyances abondent!

En terme physiologique cependant, il y a certains consensus, dont celui-ci: le stress diminue la capacité digestive. Voici ce qui se passe dans votre corps quand vous vivez un stress négatif (il y a des stress positifs comme quand vous êtes excitées à l’idée de retrouver des ami.es, par exemple):

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Le manque de volonté…

relax
Un mythe qui perdure est celui du manque de volonté.

Si vous avez du surpoids c’est certainement parce que vous mangez trop et n’avez pas assez de volonté pour vous contrôler. Le sous-entendu est que vous vous laissez aller dans une indulgence crasse et qu’il y a certainement le péché mortelle de la gourmandise quelque part. Peut-être qu’on vous regarde de haut, ou que vous même, ayant bien internalisé le message, vous ne vous autorisez plus à manger ce qui vous plaît, ou même la quantité dont vous auriez besoin, en public.

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Une diète? Quelle diète? (partie 1)

Une diète, un régime, est-ce tout pareil?

Depuis le moment de notre naissance, notre nourriture n’a fait que changer et évoluer. Ce sera ainsi jusqu’à notre mort. Nous avons commencé avec des nutriments directement dans notre système grâce au cordon ombilical; puis du lait (maternel si nous avons eu de la chance) : puis des purées de toutes sortes; des petits morceaux cuits, crus et des bouillies; du sucré, du salé, du dur, du mou. Lire la suite