Archives mensuelles : juillet 2018

La phase de lâcher-prise

Voici donc notre dernière phase , celle du lâcher-prise.

Je sais c’est un gros mot. Pas facile à appliquer même si tout le monde en parle. Comme un leitmotiv constant, il FAUT lâcher-prise. La difficulté vient du fait que tant qu’on VEUT lâcher-prise, on est pas en train de le faire.

Nous lâchons prise, plus souvent qu’autrement , quand nous n’avons plus le choix. Nous avons tout essayé; nous avons cherché partout nous semble-t-il.

Et la vie nous rattrape sur le coin de la table, entre deux avions, après une journée trop longue au bureau… nous sacrifions notre bien-être à la facilité d’un resto rapide, d’un sandwich pré-emballé qui goûte le carton, nous devons adapter notre régime à des difficultés financières ou a un déménagement dans un autre pays. Nous sommes  chez de la famille, en vacances, dans un tout inclus…

Parfois, il devient nécessaire d’apprendre à suivre le courant; à voir où est-ce que notre vie alimentaire nous veut, à vivre avec ce qui se présente sur notre chemin. Un pizza avec de la bière à trois heures du matin? Une grand-mère trop insistante avec sa tarte au sucre?

Il faut savoir lâcher nos désirs et nos préférences; nous adapter à ce qui se présente; lâcher le contrôle; accepter certains sacrifice.

Nous apprenons à faire confiance à notre corps qui , de toute façon, sait faire avec la nourriture. À nous de rester détendues!

Parfois le lâcher-prise se confond avec un abandon…nous décidons de tout lâcher par manque d’amour pour nous-même, par résignation, parce que nous ne nous sentons pas prêtes à faire le grand changement que la vie met sur notre chemin…les renoncements nécessaires sont parfois effrayants.

Quand j’étais dans ma jeune vingtaine, j’avais commencé à souffrir d’une forme d’arthrite ou de rhumatisme dans les genoux,,,les changement de température me faisait souffrir et je pouvais prédire la pluie 24 heures d’avance avec mes douleurs nocturnes, qui me gardaient réveillée. Pourtant j’étais en excellente forme physique. Un matin, en interrogeant mon corps, j’ai reçu le message très clair d’arrêter la viande. J’avais reçu ce message auparavant de mon naturopathe…près de 8 ans de végétarisme plus tard, avant même de savoir que j’étais enceinte, c’est le message inverse qui est venu: je devais recommencer un peu de viande…Il y a des phases à écouter et à naviguer.

Votre corps sait. Apprenez à l’écouter.

La phase de n’importe quoi

Vous avez été bien sage, en contrôle, régulière dans votre rythme. Vous étiez peut-être en vitesse de croisière, confortable…et vlan! Sans trop savoir pourquoi vous commencez à avoir faim en plein milieu de la nuit, vous avez des envies étranges et toutes les règles sont à la poubelle. Et vous n’êtes même enceinte!

La phase de n’importe quoi

Ça fait des années que vous n’avez plus fumé et le goût vous reprend.

Vous ne buviez plus d’alcool et là vous obsédez à l’idée d’une bière bien fraîche.

Des aliments qui vous tentaient vous écoeurent, et inversement. Voilà que l’odeur de la viande vous insupporte ou vous fait saliver après des années de végétarisme…

Vous n’avez plus faim le matin, ou même de toute la journée mais votre énergie et bonne.

Votre corps parle un nouveau langage que vous ne comprenez plus.

Le Clown Sacré, le Fou dans le tarot, cet archétype de l’envers qui se manifeste, vient de rentrer dans votre vie. Il n’y a presque plus rien de prévisible; la direction n’est plus aussi claire qu’elle le semblait.

Nous sommes invitées alors à nous laisser aller au Mystère de l’Intelligence de l’Univers et à nous défaire de nos carcans habituels. Nous sommes trop serrée dans nos corsets de croyances et la vie vient nous jouer un tour et défaire nos convictions trop étroites. LA vie est plus grande, plus vaste et plus complexe que ce que nous pouvons l’imaginer. Alors parfois elle aime bien nous rappeler qu’elle est Maitresse.

Notre monde se retrouve sans-dessus-dessous. Nous sommes dans une période de grand dérangement et de réorganisation.

Le mieux et de restée détendue pendant le tourbillon; de ne pas se prendre trop au sérieux et pourquoi pas, explorer de nouvelles aventures alimentaires. Avec le sourire.

Cela nous garde jeune de coeur et adaptable!

La phase de guérison

Que ton aliment soit ton remède, disait Hipprocrate !

C’est encore vrai aujourd’hui. Une alimentation qui nous convient soutient notre corps et notre esprit et est importante pour notre santé. Même que le mot « alicament » circule: il désigne des aliments que l’on utilise délibérément comme soutien thérapeutique.

Dans la phase de guérison, nous ressentons le besoin d’ajuster notre régime habituel en fonction de nouveaux besoins: peut-être avons-nous des problèmes de fatigue, ou venons-nous d’être diagnostiquée avec une maladie digestive ou auto immune. Nous avons des symptômes désagréables depuis un moment et nous décidons d’en prendre soin et d’aller consulter des sites, des professionnels, des livres. Nous nous sommes laissées aller dans d’autres phase et là, notre corps nous envoie des signaux qu’il y a plus important que nos papilles gustatives.

C’est un moment où nous sommes invitées, par notre corps, à écouter notre système intérieur, notre laboratoire personnel, notre physiologie intime qui réclame des changements. C’est un moment différents des autres où nous sommes plus conscientes de ce que nous rentrons à ‘intérieur de nous-mêmes. Nous sommes en recherche d’un mieux-être ou d’une guérison plus spécifique.

Dans ma jeune vingtaine, j’avais été diagnostiqué avec une maladie incurable des intestins. je me souviens de m’être dit à ce moment-là qu’il n’était pas question que je me retrouve avec une maladie incurable à mon âge. La médecin n’avait pas non plus grand conseils à me donner, car les médecins sont très peu formé.en en alimentation. Alors j’ai commencé ma quête auprès d’un naturopathe. Je faisais plus d’une heure trente de route pour aller le consulter et il coûtait cher pour mes moyens d’étudiantes. Qu’à cela ne tienne, je n’avais aucune intention de me tordre de douleur pour le restant de mes jours! Moins d’un an après j’étais guérie…cela fait près de 30 ans maintenant et si, à l’occasion, les douleurs reviennent, je sais comment écouter ma sagesse interne et me soutenir.

La phase de guérison est une phase de prendre soin de soi-même. Parfois, même quand les résultats ne sont pas si spectaculaires, le simple fait d’être attentive à soi, de se faire des mélanges spéciaux, de se concocter des bonnes tisanes ou de prendre des suppléments sont autant de façon de se dire à soi-même que l’on s’aime. Pourvu que cela soit fait en état de relaxation, pas dans la peur ou le besoin de réussir à tout prix.

La guérison, sous toutes ses formes, nécessite du repos: physique, émotionnel, mental ou spirituel. Nous avons besoins de créer une oasis en nous et autour de nous afin de pouvoir nous y déposer et entendre…prendre le temps de prendre soin de soi comme on prendrait soin d’une enfant qu’on aime. Douceur et patience, calme et repos. Je dis souvent à mes clients qu’il n’y a pas de guérison sans repos et qu’il n’y a pas de repos sans guérison.

Arrêtez-vous assez longtemps, et plein de problèmes de santé diminuent ou disparaissent…par le simple fait du repos. Notre système d’auto-guérison ne fonctionne bien que quand nous ne sommes pas stressée.

Souvenez-vous qu’il fut un temps où les gens partaient en convalescence, dans des maisons de repos…dans notre société fanatiques de performance et de retour « à la normale » rapide, nous faisons abstractions de ce besoin fondamental de prendre le temps de bien guérir. Cela évite les complications et les rechutes.

Dans cette phase, nous sommes prêtes à sacrifier certains plaisirs pour procurer le meilleur à notre corps. Peut-être renoncerons-nous à l’alcool pour quelque temps, aux mets trop épicés, au excès de sucre…c’est parfois tout un défi!

Tant que nous restons en lien profond avec notre corps et ses besoins réels, ce ne sera pourtant pas si difficile. Nous aurons moins envie de certaines choses et seront plus attirée par d’autres. Notre appétit sera peut-être moins présent, signe que nous avons besoins d’un repos digestif.

N’attendons pas d’être malade; donnons-nous régulièrement des moments-oasis autant sur le plan alimentaire que mental, émotionnel ou spirituel. Cet amour-là de soi est guérissant.

Phase de mort…

Là, rien ne va plus…vos stratégie ne fonctionnent plus, vos symptômes reviennent ou s’exacerbent, vos suppléments ne donnent rien, et du point de vue alimentaire la nourriture semble plus une corvée qu’une joie.

L’ennuie s’empare de nous, nos recettes sont plates et ce qu’on cuisine ne goûte rien…ou pire encore, c’est le moment où les enfants décident qu’on ne fait rien de bon.

Même nos petits plaisirs perdent leur lustre et leur capacité de nous procurer du plaisir

Que se passe-t-il?

C’est comme le creux de l’hiver; c’est la phase de petite mort, quand on a l’impression que le printemps ne reviendra jamais.

Cela se reflète dans notre nourriture, mais c’est souvent le miroir d’un moment de nos vies où nous devons accepter que certaines choses meurent. Peut-être que nous sommes dans un cul-de -sac professionnel ou relationnel. Nous nous sentons déprimée, sans entrain, fatiguée. Nous avons l’impression que nous n’arriverons pas à traverser nos symptômes. Souvent il ne semble pas y avoir de déclencheur en particulier.

Pourtant c’est une étape nécessaire dans nos vies. Un temps qui pousse à l’arrêt, à l’introspection et qui nous invite à écouter les faims et les soifs plus profondes: celles de notre âme.

Parfois, on ne peut rien s’expliquer. Il y a une part de mystère dans la mort, dans les morts, petites ou grandes qui jalonnent notre vie. Il nous est alors demander d’être capable d’endurer, simplement continuer. Dans notre société qui refuse d’accepter que le douleur peut être bénéfique, que la souffrance contient aussi des leçons, il est particulièrement difficile de vivre cette phase.

Et parfois, nous restons coincées dans cette phase plus longtemps que nécessaire car il nous manque l’élan de nous désidentifer de cette phase pour naître à quelque chose d’autre. nous nous laissons aller dans le marais, oublions de prendre soin de nous même adéquatement, mangeons de la nourriture qui ne nous sert pas au mieux.

Nous avons besoin de courage, de résilience, de nous accrocher en nous remémorant d’autres moments de morts dans nos vies que nous avons réussis à traverser.

Alors cette étape devient l’incubateur de notre prochaine naissance. Au prix d’un effort qui nous semblera intense, nous émergerons enfin de cette matrice pour nous redécouvrir de l’autre côté: fraîche et revivifiée; débarrassée de nos scories et prête à reprendre la route.

 

La phase fanatique (extrémiste)

Ben oui…ça existe. Même si cette phase n’est pas la plus plaisante, elle est très  présente. Et pas seulement en matière de nutrition!

J’ose avancer que notre société, en matière d’environnement alimentaire, est dans cette phase en ce moment. Il y a un affrontement féroce entre diverses idées nutritionnelles, chacune basée sur des recherches scientifiques, et chacune affirmant avoir la vérité.

Comme dans une religion, il y a la bataille entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, les élu.es et les païen.nes. Il y a un enfer- celles qui ne suivent pas le diktat y sont condamnées- et un paradis: la santé éternelle , le juste poids et l’énergie sans limite!

Et pourquoi pas la jeunesse éternelle tant qu’à promettre…

Chaque côté revendique sa façon de faire comme étant LA seule, LA meilleure façon de s’alimenter tout en respectant l’environnement, le bien-être, la bonne traitance des animaux et des sols.

Les preuves présentées sont intenses et accablantes, et très émotionnelles. Comme dans tout fanatisme, on veut vous convertir à tout prix et vous encourager à convertir les autres aussi.

Soyons honnêtes avec nous-mêmes, il y a des moments où nous sommes nous aussi fanatiques, en alimentation ou ailleurs. Où nous voulons convaincre. Où nous sommes certaines d’avoir raison et nous sommes prêtes à enfoncer cette raison-là dans la gorge d’autrui…opinion politique, environnementale, croyance religieuse ou spirituelle, désir de changer le monde et la société, sentiment de consternation et d’indignation face à comment l’humain traite la planète, les animaux et ses semblables…bref, tout peut donner de l’énergie à cette phase.

Parfois, nous sommes aussi des fanatiques silencieuses: nous ne disons rien, mais nous pensons beaucoup. Et jugeons énormément. Et derrière un sourire aimable mais crispé nous refusons le morceau de pain, le café pas bio, le biscuit bourré de sucre.

Le problème est que cette phase-là nous sépare des autres. Nous fait faire des catégories; nous fait prendre des airs supérieurs. C’est souvent une recherche de pureté, de perfection ou de certitude qui alimente cette phase. Parfois les autres nous rejettent car elles trouvent difficiles notre jugement incessant, nos idées trop arrêtées ou la désapprobation qu’elles sentent quand nous sommes dans cette phase.

Comme nous voudrions que tout soit clair, limpide, aisé! Comme nous aimerions ne plus avoir à nous poser de question! Comme nous voudrions les autres pareils è nous-mêmes, de gré ou de force! Comme nous aimons nos convictions et l’énergie qui vient avec! Quel sentiment de réussite quand nous parvenons à convaincre l’autre!

Mais voilà, malgré la perfection de notre super-diète, nous n’avons pas la santé parfaite; et nous oublions que la santé est globale et ne se trouve pas que dans l’assiette, mais bien devant: dans la vie qui nous habite; dans le bonheur que nous avons à vivre-ou pas; dans le stress quotidien qui nous accable ou dans nos blessures relationnelles non guéries; dans nos joies à partager avec les autres, à offrir et à recevoir…

Il y a tant de façons de se nourrir, d’être nourrie.

N’oublions pas que tout change. Même nos opinions les plus tranchées, les plus solides, sont sujettes à être bousculées par la vie. Et quand une autre réalité nous rattrape, il n’est pas faciles d’abandonner nos convictions. Nous risquons de nous y accrocher même quand cela ne sert plus notre meilleur intérêt ou le plus grand bien.

Et ce que la science prouve aujourd’hui comme incontestable, sera contesté quand même…nous en avons la preuve tous les jours!

Sortons de la bataille. Soyons plus humble que cela. Élargissons notre définition de la vérité. Relaxons, ce n’est pas une lutte à finir. Ne soyons plus des « réfugiées » des guerres nutritionnelles qui se livrent autour de nous. Trop souvent, ces guerres-là ont les même origines que les vrais guerres: l’argent que l’on peut faire en vous convaincant d’adhérer à un camp ou un autre.

Retrouvons le sens même de l’hospitalité: la gratitude de recevoir ce qui nous est offert, de le manger en toute quiétude, même quand ça ne rentre pas dans nos « cases » du bien et du mauvais. Nous honorerons ainsi ceux qui nous ouvre leur cuisine, leur foyer , leur frigo et leur croyances.

La phase d’apprentissage

La curiosité est une des grandes qualités qui nous permet d’apprendre, d’expérimenter et de prendre des risques. Autant les bébés animaux que les bébés humains sont curieux.  Elles sont enthousiastes à l’idée d’explorer leur environnement, leur milieu, leurs congénères. Elles apprennent ainsi les stratégies essentielles à leur survie. Parfois elles se blessent aussi…

Mais la curiosité est une énergie positive qui nous pousse vers l’avant.

En matière d’alimentation, vient un moment où nous sentons le besoin d’explorer: de nouveaux aliments, de nouvelles recettes, une nouvelle façon de vivre, d’autres routines.

Nous lisons, allons sur internet, parlons è nos ami.es. Nous avons envie de nous améliorer, d’être plus efficace ou simplement de nous informer et de nous former. Notre capacité naturelle d’apprentissage s’active et faire des changements dans nos habitudes nous semble simple. Nous voulons miuex comprendre comment notre corps fonctionne; ou notre psyché.

Nous sommes plus excitées et enthousiastes dans notre vie en général. Saviez-vous que votre cerveau adore apprendre? Quand nous apprenons de nouvelles choses notre dopamine (hormone de la satisfaction) s’active et nous récompense. L’apprentissage est imprimé en nous comme une activité qui favorise la survie et l’évolution.

Cette phase nous invite à l’expansion et à l’ouverture.

Elle nous invite au renouvellement. Il est temps de revoir nos vieux programmes!

Il ne faut pas avoir peur de l’erreur.  La curiosité nous pousse à essayer de nouvelles choses et certaines de celles-là seront non concluantes; ne fonctionneront pas, peut-être même nous ferait du tort. Qu’importe, qui ne tente rien n’a rien! Prenons des risques intellectuels, émotionnels et physique dans nos vies.

Allons vers des pensées plus ouverte et qui nous décoincent de nos croyances autant que nous explorons un monde alimentaire différent.

Essayons de nouvelles stratégies, des suppléments, des tisanes, de la danse country…

Essai. Erreur. Succès.Apprentissage. Bilan.

Pas besoin d’être parfaite, juste en mouvement!

Je m’aime plus quand je mange moins

<a href= »https://rouedemedecine.wordpress.com/2018/07/06/je-maime-plus-quand-je-mange-moins/pexels-photo-235549/ &raquo; rel= »attachment wp-att-2152″><img src= »https://rouedemedecine.files.wordpress.com/2018/07/pexels-photo-235549.jpg?w=535&Prime; alt= » » width= »535″ height= »354″ class= »alignleft size-large wp-image-2152″ /></a>
Avez-vous déjà ressenti cela? Vous l’êtes-vous déjà dit? L’avez-vous entendu?
Ce n’est pas toujours dit dans ces mots-là.
Parfois, c’est simplement mieux enrobé, déguisé…on espère avoir perdu du poids après une gastro par exemple. Ou dire qu’elle se sent plus légère quand elle mange moins; quand elle jeûne…
Ou pire. Des femmes me confient qu’un cancer, ça fait disparaître toute la cellulite.

Cela trotte dans la tête de bien des femmes et de certains hommes.
Que l’on soit en sous-poids, surpoids ou apparemment »normal ».

Cela parle de la maladie de notre société. Notre société d’abondance qui maintenant considère comme « beau » ce qui avant , en temps où la nourriture était plus rare et les récoltes moins assurées, était considéré comme maigre, chétif, « pas fort ».
On a peur du gras, autant dans la nourriture que sur le corps; ou on trouve ça disgracieux.
Trop maigre ce n’est pas bien non plus, mais c’est plus encouragé. C’est à dire qu’on va entendre une réflexion sur cette femme qu’on va dire anorexique mais peut-être que secrètement on l’admire, la jalouse ou l’envie…
Et puis il y ces femmes qui cachent si bien leur jeu: elles ont l’air en forme, mangent bien, s’activent, s’habillent comme elles le veulent, font tourner les têtes. et parfois sous des dehors positifs et enthousiastes est caché le prix réel de cette apparente perfection.

Il nous faut sortir de cette terrible habitude de mettre notre valeur dans des chiffres, dans des mesures. Les chiffres, les mensurations, les calories, les formes ne parlent pas d’amour, de valeur morale, de bienveillance…Les chiffres ne parlent que de quantité. Ils se comparent. Mais ne nous parle jamais de qualité; de personnalité, d’histoire de vie ou de parcours.

Qui peut dire ce qui se cache sous cette apparence? Sous cet « air » bien ? Sous ce corps parfait? Sous ce surpoids?

Tous les seins finissent par tomber et se flétrir…mais ont-ils eu la chance d’allaiter un enfant?
Tous les ventres s’épaississent un peu (ou plus!) quand la ménopause arrive; mais ont-ils aimés? Été aimés?
Oui, le dessous des bras finit par s’affaisser, comme la peau du menton, ou celle du torse.
Tous les visages se rident, mais ils ont tant vu!

Tant que nous ne serons pas intéressées par l’histoire de notre corps, du corps de l’autre, nous resterons prises sous une image; un jugement rapide, une projection.
Tant que nous n’apprendrons pas à aimer ce corps, ce temple qui permet à notre âme de se manifester sur la terre, nous passerons à côté du précieux de la vie.

Aujourd’hui, faisons le choix de nous aimer telle quelle. Toute entière. Rides, rouleaux, boutons…ce sera le début d’une véritable révolution.
Car une femme qui aime son corps, qui s’aime elle-même, fera tomber toutes ces corporations qui profitent de cette haine de soi qu’elles entretiennent savamment.

Tant que nous resterons accrochées sur la forme, nous ne pourrons pas plonger dans les profondeurs de notre Être.

La phase de célébration

Il y a des moments où nous avons le bonheur et le plaisir faciles. L’air est bon, les relations sont agréables et nous avons envie de multiplier les rencontres , la convivialité.

Nous avons envie de satisfaire nos papilles plus que notre pèse-personne. Il semble que nos sens s’ouvrent et que ce qui est bon  l’est particulièrement.

Quand j’étais enceinte, j’ai souvent vécu des moments semblables. Je me sentais libre et il me semblait que la nourriture que j’aimais était particulièrement goûteuse. J’étais attirée par de nouveaux goûts et pour la première fois de ma vie adulte, il m’arrivait de me lever la nuit pour manger. J’adorais les ananas, les mangues me semblaient un fruit divin et le foie de morue au citron (oui, oui) me faisait saliver rien que d’y penser.

Ce sont des moments où l’on se sent si pleine de vie, que chaque jour c’est comme un peu comme Noël. Nous honorons avec joie l’abondance et la générosité de la nature. Nous avons envie de recevoir, de cuisiner pour les autres, de sortir notre bonne bouteille que nous gardions pour une occasion spéciale.

Nous nous ouvrons à plus de bonheur et de gratitude et je suis sûre que notre terre-maman est heureuse de nous sentir comblée. Quoi de plus gratifiant pour une mère-maman que de nourrir ses enfants et de voir leur plaisir et leur joie autour de la table?

Qu’il est bon de célébrer la vie; de nous souvenir que chaque repas est une façon d’affirmer notre lien à la vie.

Parfois, nous pouvons rester accroché à cette phase, ne voulant pas lâcher le plaisir que cela nous procure. Nous restons dans l’idée que chaque repas doit être un plaisir et la sur-enchère s’installe.

Parfois nous pouvons simplement avoir peur de ce plaisir et peur de lâcher le contrôle que nous exerçons sur notre alimentation. Nous avons peur de nous-même; peur de devenir des gloutonnes sans fond. C’est particulièrement vraie si nous sommes constamment en phase fanatique de contrôle alimentaire. Plus nous nous refusons du plaisir, plus nous avons peur de nous laisser aller. Comme lorsque l’on se refuse certaines émotions par peur qu’elles ne s’arrêtent jamais.

Quand nous entrons dans cette phase, célébrons la vie, la joie, les relations. Apprécions ces moments et rechargeons-nous. En nous faisant confiance et en nous laissons aller quand le moment advient, nous améliorons la qualité de notre relation à nous-même. Il est alors bien moins probable que nous sombrions dans une forme ou une autre de débauche. ..le juste milieu, le juste respect de nos différentes phases, de nos besoins changeants, nous amènent à une relation alimentaire équilibrée et saine.

la phase de soutien/maintien

Voici notre troisième phase. Je vous rappelle que ces phases n’arrivent pas dans un ordre précis. Elles vont et viennent et le plus important est d’apprendre à les reconnaître pour nous-mêmes et les laisser aller quand elles changent…

La phase de soutien est « tout roule comme d’hab ». Nous sommes sur le régulateur de vitesse, ni trop vite, ni trop lent. C,est la vitesse de croisière ou nous sentons satisfaites de notre rythme de vie, de nourriture, de travail, de relation.

Il n’y a rien à régler, pas d’urgence particulière à s’occuper.

C’est une phase tellement ordinaire, que nous remarquons rarement quand nous y sommes.

Parfois c’est comme un plateau. Malgré nos efforts, tout se maintient. Pas de changement spectaculaire; pas vraiment d’amélioration dans notre routine d’exercice; stabilisation de notre poids.

Le plus important est de rentrer en toute tranquillité dans cette phase. Tout va bien, notre corps est dans son petit rythme confortable. C’est peut-être un bon moment pour mettre notre attention ailleurs que sur notre alimentation, notre corps ou notre santé.

Nous pouvons prendre des vacances intérieurs de notre vigilance habituelle et nous détendre.

Apprécions la routine et la tranquillité de cette phase. Elle aussi passera!

La phase de construction

C’est une phase qui correspond à des moments où nous nous sentons fortes, puissantes, capables. Nous avons envie de faire de l’exercice, de bouger nos muscles, de nous pousser un peu.

Nous sentons en nous un besoin de croissance et d’expansion Nous sommes attirées par de la nourriture plus denses: noix, huiles, gras, viandes et poisson, pâtes, riz…

Nous nous surprenons de notre appétit qui augmente et aux quantités que nous ingérons sans que cela change notre poids ou nous alourdisse vraiment.

Comme une phase de croissance de l’enfance ou de l’adolescence, cette phase à l’âge adulte nous parle d’une croissance métabolique. Nous croissons de l’intérieur puisque nous ne grandissons plus. Nous nous sentons ancrées dans notre corps, dans la terre. Là où la phase de nettoyage pouvait nous faire sentir plus légère, voire plus spirituelle, cette phase de construction nous ramène sur le plan matériel.

Émotionnellement c’est un moment qui peut nous faire sentir pleine de nous-même, confiante, en pleine capacité de nos moyens. Cette phase, comme les autres, peut durer de quelques jours à quelques mois.

Il est bon de reconnaître en nous ce besoin d’expansion et de croissance et d’honorer le besoin de se sentir pleine.

Par contre, il peut être difficile de renoncer à cette phase quand elle passe. Nous pouvons avoir envie qu’elle se prolonge et maintenir cet état en continuant de faire du sport intensément, en poursuivant ou en nous poussant dans la musculation et en restant accrochée aux endorphines que génère l’exercice intense. Quand cette phase s’estompe, nous pouvons avoir peur de laisser aller ou vivre un sentiment d’échec car nous étions si bien partie!

Alors nous essayons, avec forte discipline, de nous maintenir dans cette phase bien que notre corps soit déjà ailleurs , dans d’autres besoins.

Célébrons notre phase de construction. Profitons-en. Et acceptons qu’elle passe. Elle reviendra! Quand nous suivons les phases de nutrition comme elles se présentent, nous nous laissons porter par le flot de la vie et vivons en notre corps de manière optimale.