Fringales, compulsions alimentaires et réconfort

Il y a une différence entre des envies saines, les compulsions alimentaires et les nourritures affectives. Il est bon de reconnaître la différence car chacune appelle une réaction différente.

Fringales de soutien

C’est un besoin physiologique, biologique par lequel votre corps essaie de compenser pour un manque, contrebalance un déséquilibre, apporter temporairement un supplément essentiel. On le voit facilement chez les enfants qui peuvent demander pendant des semaines un certains fruits pour ensuite, au bout de quelque temps, s’en désintéresser complètement au moment même où vous vous décidez d’en acheter une caisse!

Vitamines, protéines, gras, notre corps sait ce dont il a besoin et pour peu que l’on ait été exposé , dans l’enfance , à une panoplie de nourriture, il connaît la valeur alimentaire de centaines d’aliment.

Si vous mangez suffisamment, vos fringales de soutien devraient ressembler à des envies, parfois insistantes, mais non comme une compulsion. Elles concerneront certains aliments (envie soudaine de viandes, de bananes, de certains légumes ou de condiments- certaines épices contiennent des micro-nutriments importants). Elles se porteront sur des aliments plutôt sains, peu transformés. Enceinte j’ai déjà eu des fringales de…foie de morue! L’été j’ai souvent des fringales de pousses et j’aime le croquant des salades et des aliments crus.

Si elles concernent le très sucré ou très gras, si elles surviennent plus souvent le soir, si elles sont difficiles à gérer, ce sont peut-être des compulsions.

Compulsions alimentaires

Ce sont des envies irrépressibles et souffrantes. Elles arrivent plus souvent le soir, et encore plus quand vous êtes seule. Elles peuvent être spécifiques (crème glacée, chips), ou générales (« tout ce qui me tombe sous la main »).

Plus souvent qu’autrement, les compulsions alimentaires ne sont pas la cause, mais bien le symptôme d’un trop grand contrôle calorique exercé durant la journée. En supprimant notre appétit, en ne l’écoutant pas, en le trompant avec des fibres et beaucoup d’eau ou avec des pilules, on dérègle sérieusement le système. En comptant nos calories plutôt que d’écouter notre faim, en mangeant avec notre tête plutôt qu’avec notre corps, on se retrouve en déficit d’énergie…au point que l’animal en nous reprend le contrôle et nous fait manger n’importe quoi très vite, mais souvent du gras et du sucre. Du gras pour sa composant réconfortante et du sucre pour son énergie rapide, en plus de sa dimension affective. Alors on mange trop et trop vite et on se sent mal: digestion lente, ballonnement, douleur, reflux gastrique etc.

Si vous mangez bien dans vos journées, incluant des collations aux moments nécessaires (entre autre la collation substantielle que je recommande vers 15h30- heure de la baisse de cortisol dans les surrénales et du coup de fatigue de l’après-midi), et que vous avez tout de même des compulsions alimentaires, alors là, effectivement, il y a quelque chose qui appelle votre attention; là il est plus probable que l’on parle de réelle compulsion alimentaire. À ce moment-là, il vaut mieux se faire accompagner par des professionnel.es dans le domaine car on est plus dans la sphère de l’addiction, comme la drogue.

La réalité sur le terrain, par contre, c’est que la vraie addiction alimentaire est plus rare que l’on  ne pense.

Nourritures affectives

Ah…la tarte aux pommes de grand-maman, le bouilli de poulet de maman, le verre de lait et les biscuits des collations de notre enfance…le gâteau spéciale des fêtes, ou les sucreries particulières de certaines époques de l’année, les plats qui accompagnent certains rituels religieux ou spirituels, certaines nourritures saisonnières…les odeurs de la cannelle, de la confiture chaude…et tant d’autres choses encore!

Ce sont nos nourritures conforts. Elles sont reliés à des souvenirs particuliers de dîner en famille, ou de petits plats spéciaux pour quand on était malade. Ce sont les nourritures-récompenses.

On les retrouve en retournant souper chez ses parents ou grands-parents ou quand l’envie nous prend de le refaire chez-soi. Elles nous informent de nos besoins affectifs du moment: besoins de réconfort, de proximité, de lien, de partage, de simplicité.

En apprenant à faire la différence entre ces trois envies,  il est plus facile d’y répondre adéquatement et de rétablir notre lien de confiance entre notre corps et nous.

« Parfois, on dirait que nos fringales existent à l’intersection délicate et compliquée entre la biologie, le désir et l’insanité » disait Marc David en formation. Il est temps d’écouter ce que ces envies tentent de nous révéler de nous-mêmes, de nos besoins réels et de notre relation avec la nourriture.

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