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Fringales, compulsions alimentaires et réconfort

Il y a une différence entre des envies saines, les compulsions alimentaires et les nourritures affectives. Il est bon de reconnaître la différence car chacune appelle une réaction différente.

Fringales de soutien

C’est un besoin physiologique, biologique par lequel votre corps essaie de compenser pour un manque, contrebalance un déséquilibre, apporter temporairement un supplément essentiel. On le voit facilement chez les enfants qui peuvent demander pendant des semaines un certains fruits pour ensuite, au bout de quelque temps, s’en désintéresser complètement au moment même où vous vous décidez d’en acheter une caisse!

Vitamines, protéines, gras, notre corps sait ce dont il a besoin et pour peu que l’on ait été exposé , dans l’enfance , à une panoplie de nourriture, il connaît la valeur alimentaire de centaines d’aliment.

Si vous mangez suffisamment, vos fringales de soutien devraient ressembler à des envies, parfois insistantes, mais non comme une compulsion. Elles concerneront certains aliments (envie soudaine de viandes, de bananes, de certains légumes ou de condiments- certaines épices contiennent des micro-nutriments importants). Elles se porteront sur des aliments plutôt sains, peu transformés. Enceinte j’ai déjà eu des fringales de…foie de morue! L’été j’ai souvent des fringales de pousses et j’aime le croquant des salades et des aliments crus.

Si elles concernent le très sucré ou très gras, si elles surviennent plus souvent le soir, si elles sont difficiles à gérer, ce sont peut-être des compulsions.

Compulsions alimentaires

Ce sont des envies irrépressibles et souffrantes. Elles arrivent plus souvent le soir, et encore plus quand vous êtes seule. Elles peuvent être spécifiques (crème glacée, chips), ou générales (« tout ce qui me tombe sous la main »).

Plus souvent qu’autrement, les compulsions alimentaires ne sont pas la cause, mais bien le symptôme d’un trop grand contrôle calorique exercé durant la journée. En supprimant notre appétit, en ne l’écoutant pas, en le trompant avec des fibres et beaucoup d’eau ou avec des pilules, on dérègle sérieusement le système. En comptant nos calories plutôt que d’écouter notre faim, en mangeant avec notre tête plutôt qu’avec notre corps, on se retrouve en déficit d’énergie…au point que l’animal en nous reprend le contrôle et nous fait manger n’importe quoi très vite, mais souvent du gras et du sucre. Du gras pour sa composant réconfortante et du sucre pour son énergie rapide, en plus de sa dimension affective. Alors on mange trop et trop vite et on se sent mal: digestion lente, ballonnement, douleur, reflux gastrique etc.

Si vous mangez bien dans vos journées, incluant des collations aux moments nécessaires (entre autre la collation substantielle que je recommande vers 15h30- heure de la baisse de cortisol dans les surrénales et du coup de fatigue de l’après-midi), et que vous avez tout de même des compulsions alimentaires, alors là, effectivement, il y a quelque chose qui appelle votre attention; là il est plus probable que l’on parle de réelle compulsion alimentaire. À ce moment-là, il vaut mieux se faire accompagner par des professionnel.es dans le domaine car on est plus dans la sphère de l’addiction, comme la drogue.

La réalité sur le terrain, par contre, c’est que la vraie addiction alimentaire est plus rare que l’on  ne pense.

Nourritures affectives

Ah…la tarte aux pommes de grand-maman, le bouilli de poulet de maman, le verre de lait et les biscuits des collations de notre enfance…le gâteau spéciale des fêtes, ou les sucreries particulières de certaines époques de l’année, les plats qui accompagnent certains rituels religieux ou spirituels, certaines nourritures saisonnières…les odeurs de la cannelle, de la confiture chaude…et tant d’autres choses encore!

Ce sont nos nourritures conforts. Elles sont reliés à des souvenirs particuliers de dîner en famille, ou de petits plats spéciaux pour quand on était malade. Ce sont les nourritures-récompenses.

On les retrouve en retournant souper chez ses parents ou grands-parents ou quand l’envie nous prend de le refaire chez-soi. Elles nous informent de nos besoins affectifs du moment: besoins de réconfort, de proximité, de lien, de partage, de simplicité.

En apprenant à faire la différence entre ces trois envies,  il est plus facile d’y répondre adéquatement et de rétablir notre lien de confiance entre notre corps et nous.

« Parfois, on dirait que nos fringales existent à l’intersection délicate et compliquée entre la biologie, le désir et l’insanité » disait Marc David en formation. Il est temps d’écouter ce que ces envies tentent de nous révéler de nous-mêmes, de nos besoins réels et de notre relation avec la nourriture.

Dis-moi ce que tu aimes…

Nos envies sont parlantes. Nos aversions aussi!

Avez-vous déjà remarqué que certains aliments vous attirent plus que d’autres? Que vous avez des envies subites et soudaines de certains mets ou de certains aliments? Que vous êtes attirée par le sucre, ou par le sel, ou par les aliments gras?  Que parfois des aliments que vous n’aimiez pas entre bien maintenant, ou l’inverse?

Notre corps est en constante relation avec la vie. Il est changeant comme la température. Il s’ajuste au quart de tour. Il sait toujours ce dont vous avez besoin. Il sait analyser toute la nourriture qui rentre qu’elle soit physique. mentale, émotionnelle ou spirituelle. Il sait ce qui vous manque et en quelle quantité. Il sait ce qui est en excès.

C’est pourquoi il est si difficile de trouver un régime qui fonctionne tout le temps, pour toutes les étapes de notre vie, pour toutes les saisons.

Manger c’est comme respirer: ça change, ça bouge,ça s’adapte au mouvement de notre vie, au mouvement de la Vie.

Quand nous apprenons à nous détendre et à suivre le rythme de notre corps, nous pouvons observer ce qui nous attire et nous répugne. Ce qui nous comble et nous procure du plaisir et qui fait du bien. Ou bien ce qui nous procure juste un plaisir de papille mais qui ne nous fait pas tant de bien au final. L’inverse étant aussi vrai!

je me souviens d’une concoction assez amère recommandée pour moi. Ouf que c’était difficile de m’y mettre…et pourtant j’ai pu sentir mon corps l’apprécier au plus haut point! Il y a une telle intelligence en nous…Une envie d’un certain fruit ou légume, de nourriture plus chaude que crue, de plus ou moins de protéine, tout cela est langage du corps.

Quand le sucre m’attire, est-ce que je manque de douceur dans ma vie? Est-ce que j’ai besoin d’une énergie rapide parce que j’ai passé trop de temps sans manger? Est-ce que je me sens en fait fatiguée et j’aimerai me donner un coup de fouet? (pas toujours une bonne idée, en passant). Est-ce que ma mère me manque? Ai-je besoin d’affection? De Consolation? Est-ce que j’ai simplement soif?

Quand c’est le sel qui m’appelle, est-ce que je manque de soutien? Est-ce que la communication est difficile? (le sel est très important dans l’équilibre cellulaire). Est-ce que mes surrénales sont fatiguées? Est-ce que mon père, ou l’aspect du masculin me manque? Est-ce que je suis déshydratée? Est-ce que je me sens seule?

Les protéines parlent de l’enracinement, de l’affirmation,de la puissance  comme le chasseur ancestral…

Le gras de tenir dans le temps, des réserves et de la protection;

Le pain du désir de partage et de convivialité;

Le lait de sécurité affective;

Les épices du « piment » de la vie (et souvenez-vous que trop de piment fini par tuer le goût!)…et le chocolat est une épice.

Prenez le temps de regarder vos goûts…et vos dégoûts.  Ce qui vous fait saliver et ce qui vous laisse indifférente.

Dites-moi ce que vous aimez et je vous dirais qui vous êtes…en ce moment!

Quand la nourriture fait honte…

Nous avons vu précédemment comment la nourriture est associée à bien des émotions qui ne sont pas si nutritives. (voir l’article: nourriture-récompense…). Dans la même veine nous explorons aujourd’hui la honte et l’humiliation associées à notre assiette.

Quand nous écrivons notre biographie alimentaire, c’est-à-dire notre histoire de vie autour de la table, nous trouvons des éléments qui peuvent parfois démontrer l’origine de certains de nos désordres alimentaires.

Comme cette enfant qui devait manger dans le couloir pour finir son assiette afin que les voisins qui passent voient bien à quel point elle était difficile.

Comme ce garçon qui mangeait toujours au comptoir alors que la famille mangeait à la table.

Ces enfants que l’on laisse des heures devant une assiette froide jusqu’à ce qu’elles aient tout terminé.

Ces multiples regards et soupirs qui regardent le dessert de l’enfant qu’on dit « boulotte ».

Cet enfant qui recevait sur la tête le reste de l’assiette qu’il ne voulait plus manger.

Les rires et les moqueries à propos de l’assiette de celle-ci qui aime trier sa nourriture dans l’assiette et faire des petits tas…de celui qui se lève en cours de repas pour aller laver ses mains une deuxième ou troisième fois car il n’aime pas quand ses mains sont collantes ou salies…de celle qui mage lentement, ou trop vite…de celui qui a peur d’essayer de nouveaux plats…

Ces silences terribles où les enfants n’ont pas le droit de parole…ou bien ces tables où l’on « règle les comptes » en famille.

Nous pouvons vivre tant d’humiliations « ordinaires’ autour d’une table…dans un contexte dit ‘normal’ où l’on croit faire une éducation mais où, en réalité, le message qui passe est que l’enfant n’est pas correcte et elle ne comprend pas pourquoi. Elle sait juste qu’elle devrait avoir honte et cette honte devient associée au repas, à la table, à l’assiette, à l’idée de la convivialité, de la famille.

Alors certaines personnes ne veulent plus manger avec d’autres ou bien ont une double vie alimentaire: ce qu’elles mangent en public et ce qu’elles n’osent manger qu’en privé.

D’autres ne s’assoient plus jamais à table, préférant manger debout , en voiture, au comptoir devant leur ordi…tout ça pour ne pas revivre intérieurement le stress dont leur corps se souvient et qui est lié aux repas.

En tant qu’adultes, nous avons une histoire alimentaire à mettre en conscience, à guérir et à ne pas reproduire.  Car nous ne mangeons pas que la nourriture sur la table, nous mangeons aussi tout ce qui s’y passe autour.

Que le repas redevienne le lieu du partage, de la joie, des rires et de la détente, de l’accueil et du respect de cette table qui nourrit la vie en nous avec bien plus que des nutriments et des calories.

Nourriture-récompense, Nourriture-punition

La nourriture possède bien d’autres attributs que celui de nutrition. Une des plus courantes est la nourriture-récompense.

Celle avec laquelle on manipule les enfants pour qu’ils finissent leurs assiettes, par exemple. Sans se rendre compte que, ce faisant, on fait comprendre à l’enfant que la nourriture principale (légumes, grains, viandes) n’est pas si « bonne » que ça puisqu’on doit se force pour en manger pour finalement avoir le « droit » au dessert. Cela met aussi l’emphase sur le sucre comme étant désirable, spécial et et attrayant.

Oui, il fût un temps où le sucre était réservé aux classes sociales riches et où la chanson disait « Donnez bons parents, du sucre aux enfants » (Dame Tartine). En élevant le sucre au rang du privilège  , nous mettons en place un cercle vicieux qui accorde au sucre des supers-pouvoirs: récompense, plaisir, rituel mais aussi interdits et culpabilités. En mettant les sucreries à part, en les associant à spéciales et rares, nous en faisons un icône qui semblent combler nos insatisfactions, nos manques relationnelles (une sortie à la crèmerie pour remplacer une présence parentale déficiente, par exemple), nos besoins de reconnaissance et d’appartenance.

Mais comme ce même sucre est aussi diabolisé, reconnu comme mauvais pour la santé, faisant grossir, déréglant l’insuline et nourrissant les cancers, nous voilà maintenant prises dans un engrenage terrible: la même nourriture qui nous fait plaisir nous fait du mal.

Nous sommes attirées par ce qui est « mal », « mauvais » et par extension, quand nous en mangeons nous faisons quelque chose de mal. Alors la nourriture devient punition et source de stress. Nous nous punissons avec des légumes au lieu de les apprécier. Nous punissions notre corps avec de l’exercice forcé et sans plaisir quand nous avons « fauté » avec un aliment défendu. Nous nous détestons après avoir « succombé » à la tentation d’un gâteau ou d’une pâtisserie.

La culpabilité entre en scène, la peur aussi. Et le fruit défendu précipitera notre chute… et la nourriture se change en religion.

Il est temps de sortir de notre folie individuelle et collective. La nourriture, intrinsèquement, n’est ni bien ni mal. Elle n’est pas « morale ». Elle n’indique pas notre valeur personnelle, notre capacité à nous contrôler, notre intelligence, notre supériorité faces aux autres, ou notre volonté.

Chaque mode alimentaire attaque l’un ou l’autre de nos macronutriments essentiels: sucres, gras ou protéines…leur attribuant à tour de rôle la responsabilité de tous les maux, méfaits et désordres alimentaires.

Soyons saines d’esprit et de corps.

Mangeons de tout avec modération et avec plaisir. Que le dessert ne soit plus l’apothéose d’un repas, ni son apocalypse. Que l’on retrouve le plaisir de toute la nourriture: des légumes aux protéines, de la salades aux grains, des fruits au féculents, de l’entrée au dessert.

Quand la nourriture cessera d’être un enjeu trop émotionnel, nous serons en mesure d’entendre ce que notre corps nous dit, ce qu’il nous réclame, ce dont il se passerait bien.

Que nos changements alimentaires soient faits dans la tranquillité, dans le plaisir, dans la bienveillance envers nous-mêmes et non dans la peur, le stress, la privation et l’obligation.

Oui, je vous le dis, c’est tout à fait possible!

Une relation intime

De nos jours il est une relation qui est encore plus intime et tabou que le sexe, l’argent ou la politique. Plus sensible, plus intérieure et plus cachée que bien des fantasmes qu’on étale au grand jour, j’ai nommé:  la relation à la nourriture

Oui, on parle de nos diètes et du dernier régime à la mode (en ce moment le cétogène côtoie le véganisme)…mais parle-t-on du sentiment de privation que beaucoup d’entre-nous vivons chaque jour? De notre insatisfaction par rapport à notre image corporelle? De notre peur de n’être pas à la hauteur par ce que notre corps est non-conforme? De la peur que notre partenaire se détourne de notre corps imparfait ou vieillissant? De notre manque d’amour, de contact et de sensualité que l’on remplace par de la nourriture? De la perte de jouissance de la vie à manger des aliments diététiques? De notre envie d’être enfin libérée des contraintes de la nourriture? De nos fantasmes de pouvoir manger sans restriction? De toute la plac eque prend la nourriture dans nos pensées?

Cette femme qui salive intérieurement en regardant son compagnon manger des frites alors qu’elle-même mange sagement sa salade ou son poisson vapeur?

Celle qui se cache pour prendre quelques biscuits dans la boîte le soir, quand personne ne regarde; celle qui se cache une deuxième boîte de biscuits juste pour elle, afin que personne ne remarque qu’elle en mange…comme une alcoolique cache ses bouteilles.

Celle qui n’arrive pas à manger quand elle est seule…et cet autre-là pour qui c’est l’inverse.

Celle qui fait deux épiceries, une pour sa famille et une pour elle-même. La seconde étant moins appétissante que la première.

Celle qui refuse les invitations au restaurant parce qu’elle a peur de la nourriture alors qu’elle dit qu’elle préfère ce qu’elle cuisine elle-même.

Celle qui sourit, pleine d’enthousiasme et de bonne humeur, qui mange à peine parce qu’elle n’ a pas faim et qui, le soir, ne se retient plus devant le gros sac de chip et le pot de crème glacée.

Celle qui mange debout, dans sa voiture, dans la salle de bain, en faisant le repas pour les autres.

Celle qui se punit et se récompense avec la nourriture, comme elle l’a vécu enfant.

Même sans parler de maladie alimentaire comme l’anorexie, la boulimie ou l’orthorexie, chacune d’entre nous porte une relation intime avec la nourriture qui parle de cette relation intime qu’elle a avec elle-même.

Et comme toute relation très intime, il est difficile d’en parler, de partager sur ces sujets alors même que nous sommes bombardées et submergées par des infos nutritionnelles tout le temps, partout.

Comment en sommes-nous venues là? Parce qu’un virus se promène depuis des décennies et reste bien ancré dans nos croyances. Un virus pernicieux et pervers qui nous fait croire que nous sommes responsables, par la nourriture, de la forme de notre corps; qu’il faut rester en contrôle face à cet ennemi sournois qu’on appelle l’appétit et qui pourrait nous faire perdre l’amour et la considération d’autrui et de nous-mêmes; qu’il n’y a rien de mieux qu’une volonté de fer pour mater ce corps et ses envies…bref, un virus qui nous rend très malade et fait faire beaucoup d’argent à des gens qui ont tout intérêt à briser cette relation  la nourriture qui pourrait être saine, naturelle et sans histoire. En brisant notre relation sacrée avec la nourriture, cette nourriture qui est, chaque fois, l’affirmation de notre relation à la Vie, notre relation au Féminin Sacré Nourricier est si malmenée que peu de femmes et d’hommes en réchappent.

Sauver la planète, la nature, l’environnement, la vie en nous et autour de nous, doit premièrement passer par renouer profondément, viscéralement, avec bonheur et gratitude, à notre corps et à ce qui lui permet de continuer d’exprimer la vie sur cette terre.

Guérissons notre relation à la nourriture et nous serons en voie de guérir notre relation à la Terre-Maman.

L’alimentation, une distraction?

Nous voulons être en bonne santé…On nous dit que nous sommes responsables de notre santé, que nous avons le contrôle de notre apparence physique. On nous montre les modèles de la bonne santé…Alors on se préoccupe de notre santé, de notre alimentation, de notre forme physique et de notre niveau d’énergie.

Puis, souvent sans s’en rendre compte, cette préoccupation prend une place de plus en plus importante dans nos vies. Nous y pensons, nous jugeons notre régime alimentaire, nous nous forçons dans des exercices pour la forme mais sans plaisir. Nous accueillons mal nos moments de fatigue et nos malaises et sommes de moins en moins patientes avec nos maladies ou celles de notre entourage. Nous avons peur de souffrir et ne trouvons plus de sens à notre vie si nous pensons devenir un « fardeau » pour nos proches et notre société.Nous essayons d’exercer un contrôle sur notre vie en passant par le contrôle de notre alimentation, de notre forme physique, de notre image corporelle.

Je postule ici qu’une partie de toute cette énergie investie dans cet aspect de notre vie sert en fait de distraction.

Je préfère contrôler mon assiette que de m’interroger sur ce qui me nourrit vraiment: l’état de mes relations amoureuses, amicales ou familiales.

Je préfère avoir l’air bien plutôt que d’être bien .

Je me concentre sur mes symptômes plutôt que de m’interroger sur leur message: ai-je des situations non réglées dans vie? Des violences vécues encore à vif? Des personnes dans mon entourage qui sont toxiques?

Je préfère muscler mon corps que de me demander où en est mon âme, où sont passés mes rêves et mes aspirations.

Je préfère la chirurgie esthétique, les régimes draconiens et autres traitements pour avoir l’air « sexy » plutôt que de plonger en moi-même: Comment va réellement ma sexualité? Est-elle blessée, insatisfaite, inadéquate? Est-ce que je m’oublie pour faire plaisir à l’autre? Est-ce que j’ose dire ce dont j’ai envie, quelles sont mes limites ? Est-ce que je me sens vraiment aimée?

Ainsi je sais où est le « problème »: je mange trop, je mange mal, je ne fais pas assez de sport, je ne suis pas en forme, j’ai des allergies, des compulsions, je suis trop fatiguée.

Il est peut-être temps de commencer à regarder derrière le rideau du théâtre que je me joue et me poser des questions essentielles.

Quand je suis en accord avec moi-même, je mange justement, à ma faim.

Quand j’aime qui je suis dans ma vie je n’ai pas besoin de tant de distractions: ma vie elle–même nourrit mon intérêt.

Quand j’ai des activités et des relations qui me comblent, je ne vis pas l’ennui comme un souci, comme un trou à remplir, mais plutôt comme une parenthèse bienfaisante.

Quand mon monde émotionnel est apaisé, quand mes blessures sont soit guéries, soit en bonne voie de l’être, bouger redevient naturellement une source de plaisir.

Quand je prends du temps pour mon âme, ma spiritualité, ma philosophie de vie, je remplis des espaces en moi que la nourriture n’atteindra jamais.

Quand je soigne mes relations et que j’ai le courage de ne plus tolérer la toxicité en moi ou autour de moi, je n’ai plus besoin de compenser. et le sucrée reprend sa juste place.

Quand je sais me protéger autrement que par mon apparence physique et qu’avec ce bouclier merveilleux qu’on appelle le gras, mon corps peut retrouver son juste poids (même si ce n’est pas celui que j’ai en tête!).

Quand la joie est mon moteur et mon guide, l’énergie est au rendez-vous et la fatigue est bienvenue car elle apparaît simplement comme une limite juste. Alors je peux me déposer dans ma fatigue avec satisfaction, comme dans une bonne et douce couverture.

Et bien d’autres choses encore.

Alors, si vous constatez que vous être occupée, trop occupée ou trop préoccupée par votre assiette, il est grand temps de reprendre contact avec Qui mange…

 

Allaitement aux 4 heures et désordres alimentaires

(Avertissement: cet article ne veut pas du tout une critique aux mamans qui font ce qu’elles peuvent et qui font de leurs mieux en suivant les directives médicales…il se veut une critique, par contre, de l’éloignement délétère de notre société moderne face à la nature.)

Pendant longtemps, et c’est encore le cas dans certains  milieux, les recommandations médicales, sans aucun fondement scientifiques d’ailleurs, étaient de mettre les bébés au pas le plus vite possible et de le les nourrir qu’à toutes les quatre heures, que cela soit au sein ou à la bouteille. Il fallait éviter de tomber dans la « manipulation » du bébé et lui donner une « régularité ». Comme si les bébés étaient des horloges; comme si les humains n’avaient faim qu’à des heures précises. On voulait pouvoir faire en sorte que la bébé dorme des nuits complètes rapidement et qu’elle ne dérange pas…

Mais le problème est que les humains ne sont pas des mammifères nidificateurs comme les chats par exemple. Les chattes laissent les petits dans un nid, ou un terrier, partent à la chassent et reviennent quelques heures plus tard. À ce moment-là, les petits, qui s’étaient tenus tranquilles et silencieux pour ne pas attirer des prédateurs dans leur nid, s’éveillent et miaulent et sont nourris. Nous ne sommes pas non plus comme des mammifères suiveurs (la vache et son veau par exemple) ni des « cacheurs » comme les chevreuils qui cachent leur petit dans un buisson et reviennent toutes les douze heures environ. Le lait de ces mamans est très différents,nutritionnellement parlant, selon le type de mammifère.

Les humaines, par contre, sont des mammifères porteuses, comme les singes ou même les kangourous. Cela veut dire que normalement nous portons nos bébés sur nous et nous les nourrissons à la demande. Chez certains singes, c’est le papa qui porte les bébés et les amène à la mère plusieurs fois par jour pour la tétée. Notre lait maternel est donc adapté au fait que nos bébés vont se nourrir plusieurs fois par jour, incluant la nuit. Et pendant les périodes de croissances, il n’est pas rare qu’un bébé ait faim toutes les heures et demi! C’est sans compter les tétées qui rassurent ou qui consolent, qui soulage la douleur ou renforce les liens avec la mère. Pas facile d’être une maman humaine dans une société comme la nôtre…

Quand nous ne nourrissons nos bébés qu’aux 4 heures(sein ou bouteille); que nous les laissons pleurer entre les boires; que nous les passons à l’alimentation solide trop tôt pour calmer leur faim (ce qui fait bien l’affaire des compagnies qui vous vendent les laits maternisés, les céréales pour bébé etc.); nous mettons malheureusement en place les graines de futurs désordres alimentaires car nous interférons et déréglons les systèmes normaux d’appétit et de satiété.

Le bébé a faim, parfois très faim, et doit attendre quand même. Cela crée un sentiment de manque et d’angoisse. Quand la nourriture arrive enfin elle risque de manger plus que nécessaire et trop rapidement pour combler ce manque. Comme le manque n’est pas seulement « occasionnel » mais fréquent, le système de l’orexie (qui gère l’appétit), ne sait plus bien signaler la faim et le sentiment de satiété se dérègle. À la longue, le bébé ne peut plus faire confiance à ses signaux internes et vit des alternances de manques incompréhensibles (pourquoi maman ne répond pas à mes cris?), accompagnés d’angoisse (avoir faim est angoissant), et des moments de plénitudes accompagnés parfois du malaise d’avoir trop mangé ou mangé trop vite, trop goulûment.

Mesdames, maintenant adultes, cela ne vous rappelle pas quelque chose?

Faisons confiance à nos bébés, à l’intelligence de la Vie elle-même qui nous a programmée pour que nous ayons faim quand notre nutrition l’exige. Faisons confiance à leur satiété qui, elle aussi, est programmée pour se déclencher quand l’apport nutritionnel est suffisant. Nous élèverons ainsi des bébés qui auront moins de chances de vivre des désordres alimentaires plus tard.

 

Merci la Vie!

Anecdote personnelle:
Nous sommes dans la remise qui nous sert de maison depuis des mois, pendant que mon mari construit notre futur maison. Une seule pièce, sans eau ni électricité. Il fait froid. Mon humeur est massacrante. Je ne peux même pas m’isoler dans une autre pièce le temps que ça passe. J’annonce: « là, je me sens vraiment toxique, j’ai besoin d’un peu de temps tranquille. Je vais me faire un thé, le boire et j’aimerai qu’on ne me demande rien pendant 10 minutes! »
La pochette de thé est dans l’eau chaude, dans une tasse sur le coin de la toute petite table.  Je tourne le dos pour ranger la bouilloire et un mouvement du coin de mon oeil attire mon attention. Mon fils le plus vieux a les deux mains autour de ma tasse. Il les passe de son coeur à ma tasse. Il « met de l’amour » dans ma tasse, comme nous le faisons souvent en préparant la nourriture. Des larmes jaillissent de moi,  incontrôlables. Mais la colère est passée.
Remercier sa nourriture est un acte puissant et trop souvent oublié.
Avoir de la gratitude pour ce qui est devant nous, quel que  soit sa supposé « valeur nutritive ».
Accueillir toute nourriture comme on accueillerait une invitée de marque, une meilleure amie, la Vie elle-même à notre table.
Merci aux plantes, à ceux et celles qui les ont plantées, soignées, cueillies, transportées…
Merci aux animaux morts, sacrifiés pour que l’on puisse vivre. (Je ne fais pas de jugement ici, j’énonce simplement).
Merci à cette terre abondante et sacrée qui prends soin, au mieux  de ses capacités de tous ses enfants: deux pattes, 4 pattes, pas de pattes…
Merci pour toutes celles, pour tous ceux, qui n’ont pas oublié le partage et l’hospitalité .

La vie à pleine bouche!

Manger de manière compulsive arrive à la plupart d’entre nous.
Quand c’est occasionnel, on ne s’en formalise pas.
Quand cela devient plus régulier, nous devons nous arrêter pour écouter ce que ce geste essaie de nous dire.
Contrairement à la croyance populaire, le problème n’est pas une perte de contrôle de soi, c’est en fait un mécanisme de survie super intelligent! Et c’est lui qui prend le contrôle pendant un moment. Qui est-il ?
Notre appétit.
Quand notre corps manque de nutriment, en qualité ou en quantité, vient un moment ou l’animal en nous prend le dessus et nous précipite vers le frigo devant notre égo impuissant…et nous revenons à nous-mêmes dégoutée d’avoir encore succombé. Certaines d’entre-nous se ferons vomir ensuite. Ou prendrons des laxatifs. Ou se puniront en mangeant encore moins le lendemain. Mais n’ayez crainte, la compulsion reviendra! Elle veut simplement assurer votre survie.
On croit à tort que manger compulsivement est un problème psychologique.
Mon expérience est que, très souvent, si on augmente le nombre de calories et la qualités des nutriments dans l’alimentation, la compulsion disparaît d’elle-même.
C’est sûr que dans notre monde de folie, obsédée par la minceur et le comptage des calories, mangez plus devient révolutionnaire et fait peur…
Mais essayez ça pour voir.
Et si, après tout, vous continuer d’avoir des moments de compulsion, vous pourriez essayez de prendre votre vie à grande bouchée, pour voir.

Commencez par la fin! (La faim?)

Marc David, Fondateur de I’Institute for the Psychology of Eating, se plaît souvent à dire « Achieve the endgoals first », autrement dit « Commencez par la fin »…

C’est un outil précieux et puissant que de commencer par la fin. Ainsi, si votre objectif est de perdre du poids pour vous sentir plus légère, prendre le masse pour vous sentir plus en confiance, vous faire faire une chirurgie quelconque pour être plus sexy et bien l’idée est de ne plus mettre votre but au bout, après un certain nombre d’action, pour vous donner le droit à ce à quoi vous aspirez.

Trouvez comment vous sentir plus légère MAINTENANT. Qu’est-ce qui alourdit votre vie? Qu’est-ce que qui vous entrave?

Faites une liste. Puis regarder ce qui vous appartient dans cette liste; ce que vous pouvez changer dès à présent.

Trouvez comment  vous sentir plus en confiance AUJOURD’HUI.

Comment se comporte les gens que vous admirez, qui semblent avoir confiances en elles/eux? Comment parlent-Elles? Se tiennent-elles ? Agissent?

Et commencez de votre côté à modifier votre comportement.

Trouvez comment vous sentir plus sexy TOUT DE SUITE.

Qu’est-ce que veux dire sexy pour vous, autre que des mensurations? Quand est-ce que vous vous sentez attirantes? Remarquable? À l’aise dans votre corps? Joyeuse?

Et commencez à nourrir votre sensualité.

Quand votre objectif se situe au-delà…quand votre bonheur est remis à plus tard…quand il y a des montagnes et des marais à traverser pour vous donner la permission de vivre ou de ressentir quelque chose…quand vous vous interdisez des choses aujourd’hui pensant que vous vous en donnerez le droit quand…quand vous vous privez pour un futur hypothétique…

Vous vous faites souffrir au quotidien sans jamais être certaines que votre sacrifice soit récompensé.

Vous remettez votre bonheur à un moment ultérieur qui ne viendra peut-être pas.

Vous vous condamnez à une insatisfaction perpétuelle.

et vous prenez le risuqe de vous donner un autre objectif dès le premier atteint: vous avez réussi à perdre 5 livres ? vous êtes heureuse trente secondes et vous pensez déjà au prochain 5 livres.

Quand vous « commencer par la fin », votre bonheur est maintenant…et parsemé tout au long du chemin, pas juste au « bout ».

Écoutez vos fins et vos faims dès à présent…