Aliment=substitut symbolique

POR Affection
Un bébé pleure. Elle est rouge, hurlante peut-être, agitée, ou  souffrante peut-être. Le sein arrive; ou la bouteille. Instantanément, elle se calme. Quel est ce miracle?

Au début de la vie, la nourriture représente bien plus que la survie. Elle représente l’affection, la sécurité, la conviction de notre valeur, la réponse à notre désarroi, à notre solitude, à nos peurs ou nos angoisses, la tentative d’apaiser une douleur physique. C’est si vrai qu’un bébé qui manque d’affection se laissera mourir de faim, comme on l’a vu dans des orphelinats des années 50.

Cela veut dire que la nourriture est, quelque part, toujours affective. C’est pourquoi je dis souvent qu’il est parfaitement normal de vouloir utiliser la nourriture pour se sentir moins seule, être moins angoissée ou gérer des émotions difficiles.

Quand nous avons besoin de quelque chose que nous n’avons pas, notre cerveau se dirige aussitôt vers le substitut symbolique le plus proche. Comme quand on a une subite envie d’un verre de lait, ou d’une toast au beurre d’arachide; que l’on se jette sur une pinte de crème glacée ou que l’on fini un grand sac de chips sans avoir faim.

C’est que nous avons faim d’autre chose, sans souvent savoir quoi, ni comment le combler. Alors le cerveau se rappelle du sein maternel, ou de la bouteille, et tente ainsi de retrouver un calme , un apaisement temporaire. Si le manque à l’origine de notre besoin de substitut se représente, eh bien l’envie de manger certains aliments réapparaît.

Il n’y a rien de mal à ça. Il y a plutôt un message à entendre, à comprendre, afin de pouvoir y répondre différemment. Quand nous retrouvons le réel besoin affectif caché sous certains aliments et que nous y répondons, alors l’envie ou la compulsion pour cet aliment disparaît d’elle-même.

De plus, il peut être intéressant de regarder l’aspect symbolique des aliments qui nous renseignent sur certains aspect de notre personnalité: ce que nous aimons, détestons, n’aimons plus, commençons à aimer, parle de notre évolution personnelle. Un peu comme un miroir, nos histoires d’amour, de haine, d’intolérance pour certains aliments ont un sens. Certains liens peuvent être facile à faire , d’autres demanderont plus d’introspection. Par exemple, si ce qui vous calme ce sont les liquides chauds, le lien vers le lait maternel est facile à faire et probablement juste. Mais si ce sont les fraises que vous ne supportez plus, une récente intolérance aux aubergines, un dégoût soudain pour les crêpes de sarrasin, le lien sera peut-être plus ténu.

Il y a, bien sûr, certaines composantes physiologiques qui peuvent expliquer pourquoi le gluten vous fait gonfler ou pourquoi vous ne digérez plus les légumineuses. Mais l’histoire affective derrière pourrait être plus intéressante que simplement  ne plus consommer ces aliments.

J’ai connu des personnes qui étaient, par exemple, allergiques aux amandes, mais pas au beurre d’amande…de quoi rendre fou les allergologues!

Je vous invite à regarder vos en-vies d’un autre oeil et de rester à l’écoute de ce que votre corps vous dit, murmure ou crie. Votre présence à vous même pourrait vous mettre sur le chemin de réponses pertinentes, de prises de conscience et de changement dans votre rapport à la nourriture.

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