Le consentement des mangeurs/ses

Voici donc la traduction libre du texte de Marc David The Eater’s Agrrement, que vous pouvez trouver dans son livre « Nourishing Wisdom ». Bien que le mot « eater » en anglais soit assez neutre et désigne simplement une personne qui mange, le mot mangeur, et encore plus le mot mangeuse, a une connotation parfois émotivement négative en français…qui parle bien de notre malaise autour de la nourriture. Les femmes et la nourriture sont encore plus mal vues…

Mais n’ayant pas trouvé d’autres traductions pour « eater », je garderai mangeuses et mangeurs sans connotation négatives.

Comme c’est le même mot « nourriture » qui traduit l’anglais de « food » et « nourishment » (ce dernier parle de tout ce qui nous nourrit, à tous les niveaux: physique, émotionnel, mental et spirituel), je me suis permise le néologisme « nourrissement » à la fin, pour mieux décrire toutes les sortes de nourritures possibles.

Le consentement des mangeurs/ses

Par la présente, à partir de ce jour, je consens à participer pleinement à la vie sur la terre. Je consens à habiter le véhicule approprié qui me permet une telle participation: un corps humain. Comme condition essentielle pour soutenir ce corps, et la vie qui l’habite, j’accepte d’être une mangeuse. Ce consentement me lie complètement pour toute la durée de mon séjour sur la terre.

Comme mangeuse, je consens à la faim. Je consens à avoir un corps qui a besoin de nourriture Je consens à manger de la nourriture. Je reconnais que plus  le besoin biologique de manger est comblé avec plus de présence et d’efficacité, plus mon bien-être ira en augmentant. De plus, je reconnais que mon ignorance concernant le processus de l’alimentation peut entraîner des conséquences indésirables.

Parce que l’essentiel de ma participation à la vie est fait d’exploration et d’apprentissage, je consens à faire l’expérience de l’incertitude comme mangeuse. Je comprends qu’il y a un grand choix de nourriture disponible et que je ne saurai pas toujours quoi manger. Bien que j’aie le choix entre plusieurs systèmes alimentaires, il est possible que je ne sache pas lequel suivre. J’ai probablement un lot d’habitudes que je ne sais pas gérer. Je reconnais que ma relation à la nourriture est un processus d’apprentissage et de ce fait, que je commettrai sûrement des erreurs. Alors, comme mangeuse, je consens à cet apprentissage continu dans mon chemin d’humanité.

Je comprends que mon corps change de l’enfance à la vieillesse et donc que changeront aussi mes besoins alimentaires. Je reconnais que mon corps puisse avoir besoin de différentes nourritures selon les jours, les saisons, les années qui passent. Mes besoins nutritionnels aussi changeront avec mes styles de vie et mes environnements. Je comprends qu’il n’y a pas de diète parfaite.

Comme mangeuse, j’accueille la douleur. Je reconnais que je puisse souffrir quand mon corps est déséquilibré par mes choix alimentaires ou mes habitudes. Il est aussi possible que je souffre quand mes besoins de nourritures affectives et spirituelles sont confondues avec une faim physique. Je comprends aussi que manger pour soulager des maux qui ne sont pas d’origine  alimentaire  pourrais causer plus de souffrance.

De plus, je consens à accepter un corps qui est imparfait, vulnérable, fragile et qui naturellement vieillit et s’amoindrit avec le temps qui passe. Je reconnais qu’il y aura des moments où je serai incapable de prendre soin de moi-même adéquatement. Je consens donc au fait qu’avoir un corps, c’est aussi avoir besoin de l’aide des autres. J’accueille donc ma vulnérabilité comme mangeuse. J’étais vulnérable et dépendante comme nourrisson, bébé et enfant et  j’ai eu besoin que l’on me nourrisse. Je me retrouverai peut-être également vulnérable et impuissante dans la maladie ou la vieillesse. De plus, je sais que même quand je suis complètement capable et autonome, je pourrais avoir besoin du soin et de la chaleur de quelqu’un qui puisse me nourrir. Alors, comme mangeuse, j’accepte d’être nourrie par d’autres.

Si j’ai un corps de femme, je reconnais que j’ai une relation particulière, singulière ou sacré avec la nourriture sous toutes ses formes. Comme je donne la vie, je la nourris aussi; que cela soit à travers ma cuisine ou le lait de mon corps, je reconnais que la relation, l’union qui existe  entre la nourriture et l’amour est une qualité qui est toute féminine et qui a un impact profond sur l’humanité.

Comme mangeuse, je reconnais le domaine du sacré. J’accepte que l’acte de me nourrir puisse être inspirant et ritualisé; qu’il peut être symboliquement chargé de sens spirituel ou religieux, et qu’il peut être joyeux.

Je reconnais que manger est une activité qui me relie avec toute l’humanité; et que cela me rend co-responsable du bien-être de la terre et du respect de ses ressources. Malgré nos différences, nous tous.tes, les humain.es sommes , en fin de compte, nourri.es par la même source. Alors, je consens à partager.

Je comprends qu’au plus profond, manger est une affirmation de la vie. Chaque fois que je mange, je renouvelle mon consentement à continuer ma vie sur la terre. Ce choix est un acte fondamental d’amour et de « nourrissement »; une réelle célébration de mon existence. Comme être humain.e sur cette terre, je consens à être une mangeuse, un mangeur. Ainsi, je choisis la vie, encore, et encore, et encore…

 

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